LIVRE II, CHANTRE XIX
les corps des hommes sont gardés contre l'atteinte des oiseaux et des bêtes féroces (Déclam. \i) (*). Il y a dans Gicéron (De Invent., lib. I): «Déclare par les bêtes féroces, il a été privé de l'honneur ordinaire rendu dans la mort. » Et nous lisons dans Virgile : « Une tendre mère ne le donnera pas la sépulture, et n'enfermera pas ton corps dans le tombeau de tes pères. Tu demeureras la proie des oiseaux dévorants... » Dieu, dans les prophètes, menace les rois qui l'ont irrité, d'avoir la sépulture d'un âne (Jérém.,xxii) ; que les chiens lèchent leur sang... Lactance ne considère pas autre chose dans la sépulture, lorsqu'il dit : « Nous ne souffrirons pas que la ligure et que l'image de Dieu soit jetée en proie aux botes féroces et aux oiseaux» (lib. VI); et Ambroise aussi, dont voici les termes : « Il n'y a rien de supérieur au devoir de faire du bien à qui n'est pas en état de vous le rendre, et de sauver du carnage des oiseaux et
(*) Voyez la prophétie relative à la postérité de Jéroboam, en punition de ses péchés (I, Rois, chap. xiv, 2), et Tertullicn, De resurreclionc. Homère dit d'Eyisthe {Odyss., m) : « On ne jeta pas même un peu de terre sur son cadavre, afin que les oiseaux et les chiens le déchirassent.» H parle d'Egisthe, que les Aryiens avaient laissé sans sépulture, parce qu'il avait été adultère, et qu'il avait usurpé la royauté. Cependant Orcslc, plus humain, donna- ses dépouilles à la terre, comme il sera dit bientôt. Ménélas dit d'Ajax, dans Sophocle : « Mais jeté sur le sable pâle, il fournira une pâture bienvenue aux oiseaux des mers. » iMais Ulysse, l'exemple de la prudence, empêche aussi cela. Sophocle dit d'Anliyonc, dans la louante qu'il en fait : « Elle ne laissa pas sans sépulture le corps ensanglanté de son frère, et ne souffrit pas qu'il devint la pâture des oiseaux de proie et des chiens à la dent mordante. » Appien (Dell. Civ. I) dit au sujet de ceux qui avaient été mis à mort par l'ordre de iMarius ; « Il n'était permis à personne de donner la sépulture à aucun de ceux qui avaient été tués, mais les oiseaux et les chiens déchiraient des guerriers si courageux. » Ammieu Marccllin, au commencement du livre XVII, dit de Julien : « Préoccupé du soin que les oiseaux de proie ne lissent pas leur pâture des corps des individus tués, il les fit tous enterrer, sans distinction. » OrotiuS.
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l.lYRi; II, CUAPITRE XIX. .
Sénèquc et Quintilien ont dit (juc c'est de « l'humanité publique » (De Dcncf., Mb. Y, cap. xx; QuiftT., Dcclam. vi); et Pétrone, « une humanité reçue par tradition. » Il en résulte que la sépulture ne doit être refusée ni aux ennemis privés, ni aux ennemis publics. A l'égard des ennemis privés, il y a dans Sophocle un excellent discours d'Ulysse pour la sépulture à donner à Ajax, où il (lit entre autres choses : « Mené las, après avoir lait entendre de si sages lnaximes, ne sois pas toi-même outrageux envers les morts. » Euripide en donne'la raison dans YAniiijone : « La mort est pour les mortels la lin de leurs querelles; car que peut-il y avoir de plus que la mort? » Le même dit dans les Suppliantes : a Si les Argicns vous ont lait du mal, ils ont péri. Cette vengeance est suffisante contre des ennemis. » Virgile dit aussi : « 11 n'y a plus de combat avec des vaincus et des morts. » L'auteur du livre à llcrcnnius, citant cette sentence, ajoute : « Car le dernier des maux leur est déjà arrivé. » « Nous avons combattu : soit, dit Papinius, mais les haines sont tombées, et la mort a anéanti les tristes colères. » Optât de Milèvc donne la même raison : « Si vous étiez en lutte avec eux pendant qu'ils étaient en vie, qu'au moins leur mort apaise vos haines. Celui avec qui vous aviez auparavant procès, maintenant ne parle plus. »
111. — 1. C'est pourquoi tous sont d'avis que la sépulture est due aussi aux ennemis publics (*). Appien appelle cela : « le droit commun de la guerre, » Philon :
(*) I'hilon dit (In Flaccum) que « les hommes ont la coutume de donner la sépulture même à eeux qui ont succombé dans la guerre : ceux qui ont de la bonté et de l'humanité, le font à leurs dépens; quant à ceux qui étendent leur auimosilé jusque sur les morts, ils le font comme exécution de clauses convenues, pour que les cadavres, ainsi que le commande l'usage, ne soient pas privés des derniers honneurs. »
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gard de Witliridatc, par Pompé métrins, a
gard d'un grand nombre; par Antoine, a Archelaûs. Il v avait dans le serment des Grec* prenant les armes contrôles Perses: iJodonncrai lasépull à tous les alliés; vainqueur a la guerre, je la donw même aux barbares; el vous pouvez lire partout, <
[■ Jotèphenaannontondei I uuemnon donne lascpullwi aux Ttoyeni l/ttid., VU Pyiriu», dans PtaUraM. Voyez le même ln^ncn, dans la FM <k
M PtuUrque, Fie de Murcellms.