‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 211 sur 373 · LIVRE II. CHAPITRE XIX. .'JG · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE XIX. .'JG

coup de choses dans Plotin, Olympiodore, et dans Macrobc sur le songe de S ci pion, Brutus adoptant cette manière de voir, avait autrefois couda7 nné l'acte de Gaton (*), qu'il imita dans la suite, « pensant, en effet, qu'il n'était ni respectueux pour les dieux, ni viril, de céder à la fortune, et de se soustraire aux malheurs imminents, qui devaient être supportés avec courage. » iMégasthène remarquait que l'action de Galanus avait été blâmée par les sages des Indiens, et qu'une telle morl des hommes, impatients de la vie (**), n'était point approuvée par leurs maximes (Strauon, lib. XY). La manière de voir des Perses n'était pas différente, comme cela paraît : leur roi Darius disant, dans Quintc-Curce, « J'aime mieux mourir par le crime d'aulrui, que par le mien propre » (Lib. V). 1

3. Aussi les Hébreux appelaient-ils « mourir , » « avoir son congé, c'est-à-dire être renvoyé, comme on peut le voir non-seulement dans Luc (n, 29), mais encore dans la Version grecque (Genèse xv, 2, et Nombres xx, in fine) ; expression <[ui a été aussi en usage parmi les Grecs. Thémistius (De anima) l'ait observer « qu'ils disent que celui qui meurt est renvoyé, et qu'ils appellent la mort un congé, » Nous lisons eir ce sens dans Plularque (De consolât.) : « Jusqu'à ce que Dieu lui-mhnc nous renvoie, s

(*) Et quelques philosophes, en dehors des Stoïciens. Sénèquc dit [Epist. iax) : u Vous trouverez même des hommes professant la sagesse, qui nient qu'on doive attenter à ses jours, qui tiennent que le suicide est impie, et qu'il faut attendre le terme que la nature nous a prescrit, » Procopc dit {Gollhic, lih. IV) : « Sortir violemment de la vie, c'est une chose inutile, pleine d'un emportement insensé; celte audace qui porte à se donner la mort est dépourvue de réflexion, et les sages la considèrent comme usurpant sans aucun droit le nom de courage. Il faut enfin réfléchir à ne point vous rendre ingrats envers Dieu. » Grotius.

(**) Les Arahes étaient dans la même pensée, non moins que les Indiens et les Perses; vous rapprenez par Job, m, 21. (i.

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