LIVRE II, CHAPITRE XX
parce qu'un crime grave ne peut pas ne pas être punissable; de sorte que celui qui veut directement commettre une faute, a voulu aussi, par voie de conséquence, encourir la peine. C'est dans ce sens que les Empereurs disent à un individu : « Tu t'es soumis toi-même à cette peine » (*) (L. Imper ator es...., Dig., De jure fisci); et qu'on dit de ceux qui forment un projet criminel, qu'ils méritent déjà d'élre punis, c'est-à-dire qu'ils ont volontairement accepté de mériter une peine (L. idl.t God. Ad kg. Jul. Muj.). 11 est dit, dans Tacite, que la femme qui aurait eu commerce avec un esclave aurait consenti à son propre esclavage, parce que cela avait été établi comme peine contre de telles femmes (/Lm.,lib. XII.).
\. Michel d'Épi lèse dit sur le cinquième livre de la Morale nicomacliécnnc d'Aristote : « 11 y a là en quelque suite le l'ail de donner et de recevoir : en quoi consiste la nature des contrats; car celui qui a volé des objets, ou quelque autre chose, donne pour cela la punition qu'il doit subir. » Le même dit ensuite que « les anciens appelaient contrats non-seulement les conventions mutuelles, mais encore les défenses portées par les lois. »
111. — 1. Mais le sujet de ce droit, c'est-à-dire celui à qui ce droit est du ', n'est pas déterminé par la nature elle-même. La raison dit, en effet, qu'une mauvaise action peut être punie, mais elle ne dit pas qui doit punir : si ce n'est que la nature indique suffisamment, qu'il est tout à fait convenable que cela ait lieu par celui qui est supérieur. Encore ne montre-t-clle pas que ce. soit tout à fait nécessaire ; à moins que le mot de « supérieur » ne soit pris dans ce sens, (pie celui qui a mal
(') l'hilon, sur la fin du livre Ier do la Vie de Moïse, dit : « Tandis que vous vous hâtez de pécher, vous courez à la peine. » (i.
1 « Pour ce qui est du svjet dans lequel réside le droit d'infliger des peines, c'est- ;ï- dire de la personne à qui il appartient de punir... » dit BarbvYruc dans sa paraphrase. V. V. Y.
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