LIVRE If, CHAPITRE XX. .')8I
aussi : « Mais vous, ô homme, qui que vous soyez, qui condamnez les autres , vous vous rendez inexcusable ; car en les condamnant vous vous condamnez vousmême, puisque vous faites les mêmes choses que vous condamnez. » Le passage suivant de Sénèque a trait à cela : « La sentence ne peut avoir aucune autorité, lorsque celui qui condamne mérite d'être condamné. » Et ailleurs : « Nous deviendrons plus tolérants, si nous rentrons en nous-même, si nous nous disons : N'avons-nous pas, nous aussi, fait quelque chose do pareil (*) ?» Aiubroise dit dans Y Apologie de David : 8 Que tout individu, qui veut juger autrui se juge d'abord lui-même, et qu'il ne condamne pas dans un autre de minimes erreurs, lorsqu'il en a commis lui-même de plus graves. »
IV. — 1. Une autre question est relative à la fin proposée aux peines. Car ce que nous avons dit jusqu'à présent, ne montre qu'une chose : c'est qu'il n'est pas l'ait d'injustice aux coupables s'ils sont punis. Mais il ne s'ensuit pas cpie tous doivent absolument être punis. Gela n'est pas vrai non plus. Dieu et les hommes pardonnent, en effet, à beaucoup de coupables beaucoup de choses, et ils sont ordinairement loués à ce titre. Le mot de Platon est célèbre : « Ce n'est pas à cause de la faute que la peine est infligée ; » et ailleurs : « Ce n'est pas parce qu'il a été commis une faute, qu'un châtiment est exigé — car ce qui a été accomplinc pculpas devenir inaccompli — mais c'est pour l'exemple cl l'avenir» [De leg., lib. IX, 2; lib. XI). Sénèque le traduit ainsi : « Le sage punit, non parce qu'on a péché, mais pour qu'on ne pèche plus; le passé est irrévocable, l'avenir se prévient » (De ira, lib. I, cap.
(*) Ici se rapportent un passage d'Ambroise {Serm. XX, sur le psaume Beatiimmacutaii..., verset Miserationes luœ Domine...) cilcCaus. III. Qii.psl. VII (a), |t un passage de Cassiodore, vi, l20. Giiotius.
(a) Dans le droit canonique.
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