LIVRE II, CHAPITRE XX. 38o
l'homme vient s'y joindre !, sans se proposer aucune fin au-delà. Et c'est ainsi que certains Hébreux expliquent ce passage de Salomon qui se rapporte à cette matière, et dont voici la traduction : « Dieu fait chaque chose pour elle-même.) et le méchant même pour le mauvais jour; » c'est-à-dire qu'alors même qu'il punit l'impie, il ne le fait à d'autre fin que de le punir (Moïse, fils de Maimon, Direct. Dubit., lib. II, cap. xni; et Raiib. 1mm., Ad, Prov., xvi, 4). On retomberait d'ailleurs toujours dans le même sens, quand bien même nous suivrions l'interprétation plus communément reçue, selon laquelle. il faut dire (pie Dieu a l'ait toutes choses pour lui-mîme, c'est-à-dire par le droit de sa liberté et de sa perfection souveraines, sans chercher ni regarder rien hors de luimême : comme on dit (pie Dieu est né de lui-même,
absolu. Que si clic a mérité la moi'l, c'est alors et un acte de droit absolu, et un acte de punition. A considérer même cela comme un aclc de punition, il n'est point nécessaire qu'il 5 ait quelque autre raison qui engage Dieu à punir. Encore que la punition ne puisse servir, ni à corriger le coupable, ni h donner un exemple, ni à satisfaire ceux qui ont été lésés, ni à prévenir le mal qui en pourrait revenir aux autres, elle n'en est pas moins légitime. Il suffit que celui qui est puni lut coupable: comme tel, il a mérilé d'être puni, et Dieu a droil de le punir, uniquement pour lui faire souffrir ce qu'il mérite. C'est tout ce qu'a voulu dire notre auteur, qui, dans la première édition, se contentait de parler d'une manière qui ne renferme que la moitié de la pensée qu'il exprima ensuite tout entière : Dei enim actiones reclx esse possiuit, et ta m si ftncm nullum sibi proponanl cxlra ipsas. J'avoue qu'il aurait pu parler un peu plus clairement : mais je ne saurais voir sans indignalion, (pie quelques-uns de ses interprètes lui attribuent la-dessus d'étendre le droit souverain de Dieu jusqu'à vouloir qu'il puisse punir des innocents, et les condamner même à des supplices éternels. Si l'on avait eu quelque équité, et qu'on eut fait attention à ce que noire auteur dit dans le chapitre suivant, g xiv, on n'aurait eu garde de le charger d'un sentiment si odieux. (Uarbeyiiac.)
1 « Surtout, dit Daibcyrac, lorsqu'il y a dans ceux par rapport auxquels il agit, quelque chose de particulier, par où ils s'en sunt rendus dignes. » p. 1». F,
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(•) Il y a du morne philosophe, au livre second du mime traité De la Colcre, caap. mi : « IVa tirerai rei| ■ H"''1 lc f"ul> non ^r
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