LIVRE II, CHAflTRJS XX
lièvre, des remèdes aussi forts que les passions qui l'allumèrent [Annal., lib. III).
2. Il est aisé de voir par la correction qui se fait de bouche, que la punition qui tend à cette fin est naturellement permise à toute personne saine d'esprit, et qui n'est pas la proie de vices de même espèce, ou pareils (Tiiom., il, 2, Quxst. xxxiii, art. 3). «Reprendre un ami pour une faute qui le mérite, cest un acte qu'on accomplit sans en avoir la mission, mais qui est utile dans la vie » (Plaute, Trinumm.). À l'égard des coups, et des autres choses qui contiennent quelque contrainte, la différence entre les personnes auxquelles cela est ou non permis (*), n'est pas faite par la nature — et n'a pu même l'être, si ce n'est que la raison recommande particulièrement aux père et mère d'user de ce droit envers leurs enfants, à cause du lien d'affection qui les unit à eux — mais elle l'est par les lois qui, pour éviter les rixes, ont restreint cette parenté commune du genre humain aux plus prochaines affections, comme on peut le voir tant ailleurs que dans le code de Justinien, au titre De emendationc propinquorum : à quoi se rapportent ces paroles de Xénophon à ses soldats : « Si j'ai frappé quelqu'un pour son bien, je dois être puni comme un père qui châtie ses enfants, ou un maître ses disciples. C'est aussi pour le bien, que les médecins coupent et brûlent. » « Dieu nous commande, dit Lactancc (Lib. YI), d'avoir toujours la main sur les enfants, c'est-à-dire de ne perdre aucune occasion de les corriger par un continuel châtiment, quand ils font mal, de peur qu'en leur témoignant un amour inutile et une excessive indulgence, ils ne soient élevés pour le mal, et nourris pour les vices. »