LIVRE II, CHANTRE XX. i
nation (Lévit.,xix, 17), niais elle prescrit de rendre à de tels ennemis certains services communs (Exod., xxm, 4, 5). C'est pourquoi le nom de prochain ayant été étendu à tous les hommes par l'Évangile, il est évident qu'il est exigé de nous, non-seulement que nous ne nuisions pas à nos ennemis, mais même que nous leur lassions du bien : ce qui est aussi formellement prescrit dans Matthieu (v, ii). La loi cependant permettait aux Hébreux de tirer vengeance d'injures plus graves, non de leur propre main, mais en s'adressanl au juge. Mais le Christ ne nous permet pas la même chose; ce qui ressort de cette opposition : « Vous avez entendu qu'il a été dit œil pour œil; » puis il ajoute : «Et moi je vous dis... » Quoique, en effet, les paroles qui suivent aient proprement trait au droit de repousser une injure, et restreignent du moins aussi jusqu'à un certain point cette faculté, elles doivent cependant, à plus forte raison, être considérées comme improuvant la vengeance, puisqu'elles rejettent l'ancienne permission < omme convenant à une époque plus imparfaite (*) : « non quune juste vengeance soit une chose inique, mais parce que la patience V emporte sur elle, » comme il est dit dans les Constitutions de Clément, lib.VII, cap. xxm. 3. Tcrtullien s'exprime ainsi sur ce point (**) : « Le
(*) « OFAl pour œil, ce qui csl, si on peut le dire, la justice des injustes. » Augustin [In crpnsit. Psalm. CVI1I), cilé II. Sed di(fcrcntuv... Caus. XXIII, (Jtursi. Ili [a). G.
("*) Adccrs. Marcion, lib. IV. Le même dit. dans son livre sur la Patience : i Le Cluist en ajoutant la grâce à la lui, pour étendre et perfectionner In loi, s'est servi du précepte de la patience, parce que c'était la seule chose qui avait manque dans le passé à l'enseignement de la justice. » Clirysostômc [Ad Ephes ,1V, 13) : « Il dit à ce sujet : œil pour œil, dent pour dent, pour retenir les mains d'autrui, non pour exciter les tiennes, pour protéger non -seulement tes yeux, mais pour sauver les yeux de l'un et de l'autre. Mais voici ce que je me demandais : puisque
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