‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 237 sur 373 · LIVRE II, CIlAI'ITIli: XX. 'il · texte numérisé non relu

LIVRE II, CIlAI'ITIli: XX. 'il

autres, » non moins ceux qui sont déjà lésés, que ceux qui peuvent être lésés encore, vous aurez une division complète, en ajoutant toutefois au mot « disparus, » les mots « ou réprimés* » Car les l'ers et tout ce qui est une diminution des forces se rapport*; à cela. La division suivante du même Sénèquc, dans un autre endroit, est moins parfaite : « Il faut qu'il sache, et il ne perdra jamais de vue, dans toute application de peines, qu'il s'agit ou do corriger les méchants, ou de les supprimer » (Lib. 1, De ira, cap. ult.). Ce mot de Quintilicn est encore en quelque sorte plus imparfait : « Toute peine n'a pas tant en vue le délit que l'exemple. »

XIV. — On peut conclure des choses qui ont été dites jusqu'à présent, combien il n'est pas sûr pour un chrétien, homme privé, de punir ou pour son propre bien, ou pour le bien public, un méchant quel qu'il soit (*), surtout d'une peine capitale; quoique nous ayons dit (pic cela soit quelquefois permis par le droit des gens (**) : d'où il faut louer la coutume de ces peuples, chez lesquels des individus qui se disposent à prendre la mer se munissent de commissions délivrées par la puissance publique, pour poursuivre les pirates, s'ils en rencontrent sur la mer, afin de pouvoir en faire usage, l'occasion donnée, non comme de leur propre autorité, mais comme en ayant reçu l'ordre de l'État.

XV. — 11 y a du rapport entre cela et ce qui a été reçu dans beaucoup de lieux, que tous ceux qui le trouvent bon ne soient pas admis aux accusations des crimes (***),

(*) Voyez certaines choses qui ont été dites plus haut, livre I, chap. ni, gui. G.

(**) Voyez le paragraphe VIII de ce chapitre. G.

('") Chrysostômc [De Pœnitentid, VIII) : « il est excellent, comme je l'ai dit, de prévenir même les procès privés par des transactions amiables, afin de conduire celui (pie l'on traite ainsi en ami, au point nue l'on se proposait d'atteindre par le procès. Quanl aux accusations i|ui n. 27

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n ion plaît, à Govarruvias et à Fortunius (Govaiui. 4, docr. 1?, cap. vu, n° 8l; Fout., Traclalus de ull. fuie kg. îllat. Xi), dont la manière de voir déplaît tellement à Ferdinand Ynsquez, qu'il l'appelle abominable (Vasq., lib. IV, Conlrov. lUust., cap. vin). Il n'est pas douteux, comme nous l'avons aussi dit ailleurs 2, que la loi ne puisse taire l'un et l'autre dans des cas déterminés3. Or, pour savoir ce qu'elle a voulu, il faut en juger en partie par les termes de la loi, en partie par la matière dont il s'agit. Car si la loi accorde quelque chose au ressentiment, elle supprime le châtiment humain, non le crime, comme cela a lieu dans le mari qui tue sa femme adultère ou l'adultère (*).

2. Mais si elle a en vue le péril d'un mal futur que produirait L'ajournement de la punition, elle doit être censée accorder un droit et un pouvoir public au particulier, de sorte qu'il n'est plus alors une personne privée.

De ce genre est la loi qui se trouve au Gode de Just illien, sous la rubrique : « Quandà liceat unicuique sinejudicc se vindicare, vcl publicam devolionem , » où la permission est donnée à tout individu de soumettre au supplice les soldats pillards. Elle en donne cette raison « qu'il csl préférable de prévenir à temps, que de punir

' De Matrimon., part. Il, cap. .vu, g 7, n" 20 ctsuiv. (I>.)

2 Livre II, cliap. i, g xiv.

3 « Il n'y a pas de doute, dit Barbeyrac, dont la paraphrase nous servira de commentaire, qu'en certains cas les lois humaines ne puissent taire l'un ou l'autre: ou rendre entièrement innocente l'action qu'elles permettent, ou accorder une simple impunité. » P. 1*. F.

O Voyez Augustin (De civilate Dei), cité dans le canon Quicumque... Caus. XXIII, Quxst. VIII; et canon hiter cum.. , can. Sequenle..., Caus. XXXIII, Quxst. II (a). G.

(a) Barbcyrac fait remarquer que la première partie du passage.de saint Augustin, cité dans le canon, n'est point de ce Père, mais de saint Jérôme, in Ezech., e;ip. ix. P. P. F.

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