LIVRE II, CHANTRE XX. V
il n'est pas conforme à la nature humaine qu'un droit ou qu'une obligation naisse entre les hommes d'actes purement internes. C'est dans ce sens qu'il faut accepter ce que disent les lois romaines : « Personne ne mérite d'être puni pour sa pensée. » Gela cependant ne met pas obstacle à ce (pie les actes internes, en tant qu'ils influent sur les externes (*), ne soient pris en considération, non proprement en eux-mêmes, mais en les faisant entrer dans l'estimation des actes extérieurs, qui, de là, reçoivent la qualité de leur mérite '.
XIX. — 1. En second lieu, les actes inévitables de la nature humaine ne peuvent êlrc punis par les hommes. Car quoiqu'il ne puisse y avoir de péché qui ne soit commis librement, il est cependant au-dessus de la condition humaine de s'abstenir absolument et toujours de tout péché : aussi Sopatcr, lliéroclès, Sénèquc (**) parmi
(*) Dans ce sens, Sayrus, Thcsaur., lib. III, cap. VI. G.
' Ce paragraphe de Grolius, était au xvil" siècle, une grande hardiesse. Il plaidait la cause de la liberté de conscience. De nos jours la cause de cette liberté est définitivement gagnée. Il est aujourd'hui universellement admis par les esprits ouverts aux idées modernes, que les pouvoirs publics ne sauraient entrer dans le domaine de la conscience, sans violer toutes les lois de la justice, de la morale, et sans renverser la base de toute société. Il n'y a par conséquent pas de loi plus subversive de l'ordre social, que celle qui s'attaque à la base même de la justice, en cherchant à enchainer le libre arbitre et à violenter les consciences; il n'y en a pas qui soit plus despotique cl plus arbitraire; rar la pensée, tant qu'elle ne s'est pas manifestée par des actes extérieurs, est en elle-même quelque chose d'insaisissable qui échappe aux investigations humaines, et ne saurait être interprétée que d'une manière incertaine et arbitraire.
(") Ceci est du même philosophe, dans le même livre De la Colère (eap. xiv) : « Il ne se rencontre personne qui ait le droit de s'absoudre soi-même. » Il avait dit au chap. ix : « Entre autres infirmités des mortels, il y a cet aveuglement d'esprit qui leur fait une nécessité non-seulement d'errer, mais d'aimer leurs erreurs, n Puis, cap. xxvn : « Quel est celui qui ose dire qu'il n'a failli contre aucune loi? » VA livre III, cap. XXVI : « Nous sommes tous méchants. »> Dans le traité De la Clé-
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2. Bien plus, on peut doutt proprement dites des péchés, puisque ls liberté qu'elles paraissent avoir en particulier, elles ne l'ont pas, I considérer en général. Plutarqucdit dnw ls i 1
La loi doit prescrire ce qui est communément pi cable, si elle veut punir un petit nombre utilemi
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eed dam u àucowi «le Bétinirc : » Il ni au-dessus de l'homme et de la naluie des choses, de ne tomber dans aucune faute. » Voyez «MM l'empereur r»a>ile, cap. i , HOi
(•) Sur MoiSS, lib. III. Ol peul ajouter i m, sur Job. t,
le rabbin Israël, cap. VIII.
(••) Le même dit qu'il ne faut pas exposer a <«* i isre publique la fr . lite de II nature liuiname {l'raym.). <j
(a) le MM fort mmpè, dit Bait-evrac, si, au lieu de l'empereur Basile, Grolîvt n'a tuuIu due Mmicl Pli T. P. F.