LIVRE II, CHANTRE XX. 4V
jiuii un grand nombre inutilement. » Il y a aussi certains péchés qui sont inévitables non simplement pour la nature humaine, mais pour telle personne, et dans tel cas, à cause du tempérament (*) qui agit sur l'esprit, ou d'une habitude invétérée : laquelle cependant est, punie non tant à cause d'elle-même, qu'à cause d'une faute qui l'a précédée (**), parce que les remèdes ont été négligés, ou que ces maladies de l'esprit ont été volontairement provoquées.
XX. — 1. En troisième lieu il ne faut pas punir les péchés qui ne regardent ni directement, ni indirectement la société humaine, ou un autre homme. La raison en est qu'il «n'y a aucun motif pour lequel la punition de lels péchés ne soit pas laissée à Dieu, qui est très-clairvoyant pour les connaître, très-équitable pour les juger, et très-puissant pour les punir. C'est pourquoi une telle punition serait établie par les hommes tout à l'ait sans utilité, et par conséquent d'une manière défectueuse. 11 en faut excepter les peines correctrices, qui ont pour objet de rendre meilleur celui qui a péché, quand même les autres pourraient n'y avoir pas d'intérêt. Ne doivent pas être punis non plus les actes opposés aux vertus dont la nature repousse toute contrainte, telles que sont la compassion, la libéralité, la reconnaissance.
2. Sénèque traite la question si le vice de l'ingrat doit être impuni, et il allègue beaucoup de raisons pour expliquer pourquoi il ne doit pas être puni; mais celle-ci principalement, ^ui peut èlre aussi étendue à d'autres vices semblables : c'est (pie « la reconnaissance, qui est
(*) Sénèque dit {De ird, lil). Il, op. XVI il : m Les variétés de penchants proviennent du mélange des éléments, et les divers caractères sont plus ou moins prononcés selon que tel ou tel élément y domine. » Il parle ailleurs de ce qui vient de la condition de notre naissance, et du tempérament de notre corps (Kpist. xi). Grothjj.
(**) Voyez le canon [nebriaverunt. ,Caus, XV, Quœst. I. G.
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entre Màmrr et punir. ■ • II J B, dil PfcrtW |M, f - rll <k Cimon,
certaines fautes qu'on doit regarder plut.'.l comme «les imi>crfcclion* de quelque vertu, que comme «le> tiïeU de fiou »
(*••] Diodoit «le Sicile «lit avec raison, contrairement à leur doctrine, que « le pardon Ml préférable à la punition » "»«•)• <Opnrn for-
mulera au nom in thrêtun> Otll NOM : LU) • T1C ji doctrine
ile> philosophes et d. s sloinen- est la*t différente; eux «ON disent que toutes les fautes sont | . ,u'un homme sérieux ne doit pas M laisser fariUmcnt fléchir. <>i\ i ntre les chrétiens cl les philosophes U dislaocc est considérable. » Baanaa,