‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 240 sur 373 · LIVRE II, CHANTRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHANTRE XX

faibles raisons. Le pardon, disent-ils, est la remise d'une peine due... Or le sage fait ce qu'il doit faire... » Ici l'illusion est cachée dans ce mot « duc. » Car si vous entendez que celui qui a commis une faute doive la peine, c'est-à-dire puisse cire puni sans injustice, il ne s'ensuivra pas que celui qui ne punit pas fasse ce qu'il ne doit pas faire. Mais si vous entendez que la peine soit due par le sage, c'est-à-dire qu'elle ait dû absolument être infligée, nous dirons que cela n'arrive pas toujours, et qu'ainsi dans ce sens la peine peut n'être pas duc, mais seulement être licite. Et cela peut être vrai tant avant la loi pénale, qu'après rétablissement de celte loi. XXII. — 1. Il n'est pas douteux qu'antérieurement à rétablissement de la loi pénale il ne put y avoir lieu à la peine, parce que naturellement celui qui a commis une faute se trouve dans la situation de pouvoir être licitement puni. Mais il ne s'ensuit pas pour cela que la peine doive être infligée (*), parce que cela dépend de la connexion des lins pour lesquelles la peine a été instituée, avec la peine elle-même. C'est pourquoi si ces lins ne sont pas d'elles-mêmes moralement nécessaires, ou si d'ailleurs d'autres lins se présentent non moins utiles ou nécessaires, ou si les fins qu'on se propose par la punition peuvent s'obtenir par une autre voie, il parait alors qu'il n'y a rien qui oblige précisément à infliger la peine. Citons comme exemple du premier cas, celui d'une faute connue de très peu de personnes, dont par conséquent la production en public n'est pas nécessaire, ou serait même préjudiciable : à quoi se rapporte ce mot de Cicéron sur un certain Zcuxis : « Conduit devant le juge, il n'aurait peut-être pas fallu qu'il fût renvoyé, mais il n'a pas été nécessaire de le chercher pour

(*) Julien dit dans l'éloge d'Euscbie, qu'alors même que quelques-uns aient mérite d'être maltraités cl punis, il n'esl pas pour cela absolument nécessaire de Ici dire périr. G.

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de Prose la seconde, dans son discours aux MeMntfrros:

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rinus, ■ ce qu'on appelle clémence parmi les hommes, c est un relâchement du droit rigoureux, fait à propos. »

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