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politique, ne peut s'y rapporter non plus. Autre chose, en effet, est d'abolir la loi pour une cause, ou probable ou même urgente, autre chose est de déclarer qu'un fait n'a pas été, dès le commencement, compris dansl'intention de la loi.
Nous avons vu ce qui était relatif à l'exemption des peines; voyons ce qui concerne leur mesure.
XXVIII. — 11 parait, par ce qui a été dit plus haut, que dans les peines deux choses sont considérées : la raison pourquoi, et la fin pour laquelle. La raison pourquoi, c'est le fait d'avoir mérité; la fin pour laquelle, c'est l'utilité qu'on attend de la peine. Personne ne doit être puni audelà de ce qu'il a mérité (*) ; à quoi se rapportent les vers que (pie nous avons cités auparavant d'Horace, et ce mot de Cicéron : « Il y a pour la punition une limite, comme pour les autres choses, et une sorte de modéralion» (Episl. xv, Ad Brut.). C'est pourquoi Papinien désigne la peine par le nom d'estimation (L. Sanctio..., Dig., Dcpœn.). Et Aristide (Lcuclric. n) dit qu'il est conforme à la nature humaine que, dans chaque crime, il y ait un point <jue la vengeance ne doit pas dépasser. Dans sa letlre pour les enfants de Lycurgue, Démosthèncs dit (pie l'égalité dans la peine ne doit pas être considérée aussi simplement qu'en matière de poids et de mesures, mais qu'il faut peser le dessein et le désir du délinquant. Les fautes sont donc dans la proportion du mérite, plus ou moins punies, selon l'utilité qu'on se promet de la punition*.
XXIX. — 1. Dans le mérite il faut considérer la cause qui a poussé (**), la cause qui a dû retenir, et la disposi-
(*) Les Milanais raisonnent judicieusement sur ce sujet, dans une harangue qui se trouve dans Guiciwrdi.n, liv. XVII. Comparez avec ce que nous avons dit au \ m de ce chapitre, et ce que nous dirons, liv. III, chap. xi, \ i. Grotius.
(**) Chrysostôme dit que m tout péché ne mérite pas la même peine, et
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