LIVRE H. CHANTRE XX
de semblable, aussi a-t-il quelque ebose de plus volontaire » (*). 11 y a, dans le même sens, un passage remarquable dans Porphyre (De non esu animalium, lib. III) (**). 3. Les autres désirs tendent à quelque bien, ou réel ou imaginaire. Les biens réels, indépendamment des vertus et des actions qu'elles produisent — lesquelles ne conduisent point au péché, car» les vertus sont d'accord entre elles — sont ou les choses qui donnent du plaisir, ou celles qui servent pour s'en procurer, et qui sont appelées utiles, comme l'abondance des richesses. Les biens imaginaires, qui ne sont pas vraiment des biens (***), sont la supériorité sur les autres, en tant qu'elle est séparée de la vertu et de l'utilité, et la vengeance. Ces biens sont d'autant plus honteux qu'ils s'éloignent davantage de la nature. Jean exprime ces trois désirs par ces mots : « La concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, l'orgueil de la vie » (I Ép. il, 10). Le premier membre, en effet, comprend les désirs des plaisirs, le second la passion de posséder, le troisième la poursuite de la vaine gloire et le penchant à la colère. Philon dit, dans l'explication du
(*) Pliilon (sur le Décalogue) dit que « toutes les passions de l'âme sont sérieuses, parce qu'elles mettent l'âme hors de son état naturel, et l'ébranlent; mais que la plus dangereuse de toutes est la convoitise : car les autres viennent, pour ainsi dire, du dehors, et entrent comme malgré nous; tandis que, seule, la convoitise a sa source dans noire propre cœur, et parait dépendre plutôt de notre volonté. » Grotii's.
(**) Il y a un passage semblable dans Marc Antoniu, sur sa vie, lib. Il, où il compare entre elles la colère et la convoitise. IMularque dit, dans la Vie de liomulus : « La cause qui soulève la colère rend plus excusable celui qui a cédé à un mouvement plus irrésistible, et a été comme bouleversé par un coup plus fort. » Grotiis.
("*) Sénèque dit (llpist. XVI) que « les désirs naturels ont une fin; mais que ceux qui sont nés des fausses idées qu'on s'est faites, n'en ont pas. » Voyez Chrysostôme, dans ses réflexions morales sur V lipître aux Romains, vi; la IIe aux Corinthiens, \\, \l; Vlïpitre aux Ëphésiens, i, 14. Grotius.
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