LIVRE II, CHAPITRE XX
un dernier lieu, les délits qui ne sont pas consommés.
Au reste parmi les raisons qui doivent détourner, on ne doit pas placer seulement la considération de la nature du mal qui se commet directement, mais encore celle des suites qu'il peut vraisemblablement avoir; comme dans un incendie, ou dans la rupture d'une digue, il faut avoir égard aux pertes considérables et, aux morts du grand nombre des victimes.
.'i. A l'injustice, que nous avons posée comme une cause générale, s'ajoute parfois encore un autre vice (*) : le manque de respect, par exemple, pour les père et mère, l'inhumanité pour ses proches, l'ingratitude envers ses bienfaiteurs : vices qui augmentent le délit. La perversité se montre aussi plus grande, si l'on a plus souvent commis la faute (**), parce que les habitudes mauvaises sont pires que les actes. On peut voir par là combien est naturellement équitable cette pratique des Perses, chez lesquels la vie antérieure était en même temps que le délit prise en considération (***). Gela doit
(*) Voyez un passage remarquable dans la vie de Lncins, dans Xiphilin, d'après Dion (a). G.
i'**; « Il est de l'homme d'avoir ignoré une fois les devoirs de la vie; mais tomber souvent dans les mêmes finîtes, c'est le propre d'un esprit égaré Plus sont nombreuses les fautes dans lesquelles nous tombons, et plus nous méritons d'être rigoureusement punis. » Ghotius.
(***) Asinius Pollion disait « qu'il faut juger d'un homme parla plus grande partie de sa conduite et de son génie. » Cicéron dit dans son discours pour Sylla : « Dans toutes les choses, 6 juges, qui sont graves et
(a) « 11 y a ici, dans l'original, dit' Barbe yrac, une petite note où l'un trouve une plaisante faute d'écriture. La voici : ^ide locum instgtiem in [.urne verbis, apùd Xiphilinum, ex IJione. C'est ce que porte l'édition de 1642, la dernière avant la mort de l'auteur ; et celle de 16-46 qui la suivit, y est aussi conforme. Dans les dernières éditions, comme on ne savait ce que voulait dire ce Lurac, on l'a changé en Lucii; et parce que Xîphilin a réduit en abrégé les vies des empereurs, on a nus vilu au lieu de verbis. » Barbeyrac ajoute même qu'au lieu de Lvcae verbis, Gratins avait voulu mettre Mai ci verbis ; (pic sans doute il aura confondu le nom d'un évangéliste avec celui d'un autre; et (pie d'ailleurs il ne s'agit pas de saint Marc, mais de Marc Anlonin. I*. I*. F.
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