‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 258 sur 373 · LIVRE II, CHANTRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHANTRE XX

dit, dansXénophon, que ses sujets lui seront d'autant plus attaches qu'ils craindront Dieu davantage [Cir. Inslil., lib. VIII) — mais encore dans la commune société du genre humain. « Supprimez la piété, dit Gicéron, vous bannissez en même temps du genre humain la bonne foi et la paix, et avec cela la justice, cette vertu très-excellente » (Lib. I, De nalur. Dcor.). Le môme dit ailleurs : « Ce qui rend juste, c'est de connaître quelle est l'essence du souverain maître et seigneur, quelle est son intention, quelle est sa volonté » (De fmib., lib. IV). Une preuve évidente de cela, c'est qu'Epicurc ayant supprimé la Providence divine, n'a rien laissé également delà justice, qu'un vain nom (*), disant qu'elle ne naît (pie de la seule convention, qu'elle ne dure pas au delà de la durée de l'intérêt commun, et qu'il ne faut s'abstenir de ce qui pourrait nuire à autrui, que par la seule crainte du châtiment. Ses paroles sur ce point, qui sont assurément remarquables, se trouvent dans Diogène Laërte.

5. Aristote aussi a vu ce lien, lui qui au livre V, chapitre xi, de son traité de la chose publique, dit du roi : « Le peuple craindra moins, en effet, d'être traité injustement par un prince qu'il croira religieux.» Et Galien, au livre IX des préceptes d'IIippocrate et de Platon, après avoir dit qu'on agite sur le monde et sur la nature divine beaucoup de questions qui ne sont d'aucun usage pour les ma;urs, reconnaît que la question de la Providence est du plus grand usage tant pour les vertus privées que pour les vertus publiques. Homère aussi a vu cela, lui qui, aux chants VI et ix de V Odyssée, oppose aux hommes farouches cl injustes ceux dont le cœur est religieux. C'est ainsi que Justin, d'après Trogue, loue

(')ll j a dans Séncque [Episl XCVI1) : « Séparons-nous ici d'Ëpicurc, qui dit que rien n'est juste de sa nature, et qu'il faut éviter de faire le mal parce que, ensuite, on n'évite pas la crainte. » G.

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dit que corrompre la religion, c'est une injure qui garde tout le inonde L IV, Cod.

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