‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 261 sur 373 · IJVRB II, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

IJVRB II, CHAPITRE XX

être démontrée, sans aucun doute, même par des preuves tirées de la nature des choses : parmi lesquelles la plus forte est que les sens nous montrent que certaines choses sont laites; or, les choses laites nous conduisent absolument à quelque chose de non fait. Mais comme tout le monde ne saisit point cette raison et d'autres semblables, il suffit que de tout temps, dans tous les pays, à l'exception d'un très-petit nombre de gens, ces notions aient été reçues et par ceux qui étaient d'une intelligence trop peu déliée pour vouloir tromper, et par les autres, trop éclairés pour se laisser tromper. Cet accord (*), dans une si grande variété et de lois et d'opinions sur d'autres points, montre suffisamment que la tradition en est venue depuis les premiers hommes jusqu'à nous, et qu'elle n'a jamais été solidement réfutée : ce qui suffit, même sans autre preuve, pour en établir la foi.

4. Dion de Pruse a joint ensemble les choses que nous avons rappelées relativement à Dieu, lorsqu'il a dit qu'il y a une croyance, c'est-à-dire une conviction relative à

{') Terlullicn {Advers. Marcion.) dit que o le sentiment intérieur d'une divinité, est un don qui, dès le commencement, a été fait à l'âme. » Suivant Diodore de Sicile (Fragment.), il y a une « piété naturelle. » l'Iiilim parlant du pouvoir d'un seul, dit que « le hasard ne produit point d'ouvrage fait avec art; or, il n'y a rien qui soit fait avec plus d'art que le monde; il atteste donc qu'il a été créé par un ouvrier très-habile et souverainement parfait. La croyance que nous avons en l'existence de Dieu, tire son origine de là. » « Nous soutenons, dit Tei tullien (advers. Marcion. , lib. I), qu'il faut connaître Dieu d'abord par la nature; qu'ensuite il faut le reconnaître par la doctrine Par la nature, c'est-à-dire, par ses œuvres; par la doctrine, c'est-à-dire par prédication. »Cyprien, parlant de la vanité des idoles, dit que « c'est le comble du crime, de ne pas vouloir reconnaître ce que tu ne peux ignorer. » Julien (Ad lferaclium) dit que « tous, nous sommes persuadés, avant qu'on nous l'ait enseigné, qu'il existe une divinité, qu'il f;iut se tourner vers el'e, s'adresser à elle; et je crois que nos esprits se dirigent vers Dieu, comme les êtres doués de la vue se tournent vers la lumière, w linoTius.

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