‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 263 sur 373 · LIVRE 11, CHANTRE XX. ÎG · texte numérisé non relu

LIVRE 11, CHANTRE XX. ÎG

les dieux immortels » (De Nalur. Dcor., lib. 1). « Le point principal de la piété, dit Épietète, est de bien penser des dieux, et de les regarder comme existant et administrant toutes ehoses justement et sagement. » Élien dit que personne d'entre les barbares n'est tombé dans l'athéisme, mais qu'il est affirmé par tous qu'il y a une divinité, et qu'elle prend soin de nous (*) (Lib. II, eap. xxxi). Plutarquc dit dans le livre des notions générales, qu'on détruit la notion de Dieu, si l'on supprime la Providence, « car il ne faut pas concevoir, ni entendre qu'il y ail un Dieu qui soit seulement immortel et heureux; mais il faut croire qu'il aime les hommes, qu'il a soin d'eux, et qu'il leur l'ait du bien.» «Aucun culte ne peut être dû à Dieu, dit Lactancc, s'il ne t'ait rien pour celui qui le sert; et il n'y a aucune crainte à avoir de lui, s'il ne s'irrite pas contre celui qui ne le sert point. » Et, en réalité, si nous considérons l'effet moral, nier que Dieu existe, ou nier que Dieu prenne souci des actions humaines, cela vaut tout autant.

3. C'est pourquoi, par l'effet d'une sorte de nécessité, ces deux notions ont été conservées chez presque tous les peuples que nous connaissons (**), pendant déjà tant de siècles. De là vient que Pomponius rattache au droit

'(*) Sénèqiic dit (Epist. XCV) : « Le culte à rendre aux Dieux, c'est d'abord de croire à leur existence, et ensuite de reconnaître leur majesté, leur bonté surtout, 'sans laquelle il n'est point de majesté. » G. (**) Scnèque dit (Epist CXV1I) : « L'existence des dieux se déduit, (Mitre autres raisons, de l'opinion qui, sur ce point, est innée dans tous les esprits, que, nulle part, nulle race d'hommes n'est rejelée en dehors de toute loi et de toute morale, jusqu'à ne pas croire à des dieux quelconques. » Le même dit, dans le traité des Bienfaits : «Tous les mortels ne se seraient pas accordés dans l'unanime délire d'implorer des divinités sourdes, et des dieux impuissants, etc. » Ajoutez Platon [Protagor.y et De legib., lib. X),ct les belles pensées de Jambliquc, dans son traité De inysleriis dSgypliorum, un peu après le commencement, où il dit que la connaissance de Dieu est propre et naturelle à l'homme, comme le hennissement à un cheval. (inouïs.

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