LIVRE II, CHANTRE XX
XLIX. — 1 . Quant à ceux qui soumettent à des peines les personnes qui enseignent ou professent le christianisme, et pour ce motif, ils agissent sans aucun doute Contre la raison elle-même; car il n'y a rien dans la discipline chrétienne — je la considère ici en elle-même, et non en tant que quelque chose d'impur s'y mêle — qui nuise à la société humaine; bien plus, il n'y a rien qui ne lui soit avantageux. La chose parle d'elle-même, et ceux qui sont étrangers à cette religion sont forcés de le reconnaître. Pline dit que les chrétiens s'engagent entre eux par un serment à ne pas commettre de vols, de brigandages, à ne pas trahir la foi jurée. Ammien (*) dit que rien n'est enseigné par cette religion, que de juste et de doux. C'était une locution vulgaire : « Caïus Selus est un homme de •bien; il n'a qu'un tort: c'est d'être chrétien)-) (Tertull., Apologct., cap. in; et I, advers. Nat., cap. iv). Et il ne faut pas admettre les prétextes que toutes les nouveautés sont à craindre, surtout les assemblées; car ni on ne doit cra'ndre les doctrines, quoique nouvelles, si toutefois elles conduisent à tout ce qui est honnête et à l'obéissance duc aux supérieurs, ni on ne doit suspecter les as-
étaient loin d'être pratiquées au siècle de Grotius, et c'est un titre de gloire de les avoir formulées. P. P. F.
(*) Le même historien appelle le christianisme une religion franche cl simple. Zosime qui, lui aussi, était païen, dit que « la promesse de la foi chrétienne, c'est l'affranchissement de tout crime et de toute impiété. » Les païens l'appellent, en maint endroit : une secte qui ne fait de mal à personne. Tcrlullien (Scorpioc). Justin dit (Apologet. II) : « Nous aidons et nous travaillons plus que tous les autres, avec vous, à la tranquillité de l'empire, en enseignant qu'il est impossible de se dérober aux yeux de Dieu, que l'on soit porté à faire le mal, ravisseur, traitre, ou que l'on soit ami de la justice; et que, selon le mérite de ses œuvres, chacun sera envoyé au salut ou au châtiment éternel. » Arnobe parlant des assemblées des chrétiens, dit (lib. IV) : « On n'y entend rien qui n'inspire l'humanité, la douceur, la pudeur, la chasteté, la libéralité, la bienfaisance, l'amour de tous les hommes, que relient entre eux les liens de la fraternité. » Ghotius.
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(') In legatione. Il f.ul \otr pareillement a\cr . lo«|Ucnce, dans le livre De sacrificantibus, combien la synagogues diffèrent desnnsteres du p.ii:.iniainc. L'un et l'aiilre MWI lenl d'élre sus. Jo^ephc contra
AppioMMt lil) il) (lil i|iieli|uc chose de semblable. Grotik.
' Saint Thomas d* A«|iiin, Summ. Thèolog. u, 5 . : < l.WWIII.
(*') VojU /.onaras. Ul fait semblable M trouve dans Augustin Uipist. L . « Maximien, êtèque Je Yagies, demanda du «cours a un empereur chrétien contre les ennemis de l'Église, non lanl pour se défendre lui-même, que pour défendre l'Eglise qui lui était confiée. » Ce passape est rappoiié <~au<;. XXI U, QMErt. III. Grotiis.
"') \\.\e/. Ménandre U Protecteur.