‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 269 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XX

qui rejctiaient le dogme de la résurrection; dogme trèsvrai, assurément, mais enseigné dans cette loi, non sans obscurité, et sous l'enveloppe des mots ou des choses.

2. Que décider, si l'erreur est grossière, et de nature à pouvoir facilement être réfutée devant des juges équitables par l'autorité sacrée, ou par le consentement des anciens? Il laut penser ici combien est grande la force d'une opinion enracinée, et combien le zèle de chacun pour sa secte diminue la liberté du jugement : mal, comme dit Galien, plus incurable que n'importe quelle lèpre. Origène dit fort à propos sur ce sujet, que «chacun se dépouillera plus facilement de tous autres objets auxquels il sera habitué, quelque grand attachement qu'il ait pour eux, que des choses qui touchent les dogmes (*). » Ajoutez que la grandeur de la faute dépend du degré de lumière, et des autres dispositions de l'esprit, qu'il n'est pas donné aux hommes de pénétrer.

3. L'hérétique, selon Augustin (**), est celui-là seul qui, en vue de quelque avantage temporel (***), et surtout de s'attirer de la gloire et de la prééminence, crée ou suit des opinions fausses et nouvelles. Écoutons Salvien

(*) Chrysostôme suit celte maxime (sur la 2re Épilre aux Corinthiens, n) : « Lorsque l'habitude s'est appliquée aux choses de croyance, clic en devient bien plus inébranlable. Il n'y a rien, en effet, que l'homme ne change plus difficilement, que ce qui est du domaine de la religion. » Grotius.

(**) Dans le livre sur l'utilité de croire. Le passage est rapporté Caus. XXIV, Quœst. III. Augustin ajoute qu'un hérétique et un homme qui croit à des propositions hérétiques, ne lui paraissent pas être la même chose. Voyez le même, Epist., CLX1I. L'hérésie est définie la folie d'un esprit trop obstiné, L. 2, Cod , De Summd Irinit., lib. I, lit. I.

Grotius.

(***} L'auteur des Réponses aux orthodoxes (Quœst. IV) dit : « Il est certain que toutes les sectes ont tiré leur origine de la passion de la gloire, ou de la jalousie qui a agité leurs premiers auteurs. » Chrysostôme dit {ad Galat , V) : « La passion d'être au premier rang, est la mère des hérésies. » Grotius.

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quelles ils se tiennent Opiniâtrement att, Iles qu'elles soient. »

('*) Chrysottome dit flomtl., confrd Anathcuvit.) : « Le jupe des iièclet, qui seul connaît et la mesure de la icienee et la quantité de la

foi, jugera seul sans péril ce qui est caché. D'où pouvons-nous savoir, je vous le demande, en quels termes celui qui erre s'aceuscra ou s'excusera, dansée jour où Dieu jugera kl I jugements ne peuvent pas cire sond rablcs. ■

livius il, ciiAriTUE xx. 477

jugement. K£n attendant, comme je le pense, Dieu les tolère patiemment, parce qu'il voit que s'ils ne croient pas juste, ils errent toutefois par un sentiment de croyance pieuse. » -

4. Sur les Manichéens, écoutons celui qui s'est trouvé longtemps engagé dans leur grossière ignominie : Augustin. « Que ceux-là sévissent contre vous, qui ne savent pas avec combien de peine on trouve la vérité, et avec combien de difficulté on se met en garde contre les erreurs ! Que ceux-là sévissent contre vous, qui ne savent pas combien il est rare et ardu de se mettre, avec la sérénité d'un esprit pieux, au-dessus des fantômes charnels! Que ceux-là sévissent contre vous, qui ne savent pas avec quelle difficulté l'œil de l'homme intérieur est guéri de manière à pouvoir contempler son soleil! Que ceux-là sévissent contre vous, qui ne savent pas combien il faut de gémissements et de soupirs pour acquérir quoique connaissance de Dieu ! Enfin, que ceux-là sévissent contre vous, qui ne sont pas tombés dans une erreur pareille à celle dans laquelle ils vous voient tombés ! Pour moi, je ne puis absolument pas sévir contre vous, que je dois soutenir maintenant comme on m'a soutenu moi-môme dans ce temps-là, et je dois agir envers vous avec une patience aussi grande que celle avec laquelle ont agi à mon égard mes proches, lorsque, fou et aveuglé, j'errais dans votre doctrine.»

5. Àthanase s'élève avec énergie contre l'hérésie arienne (*), dans sa lettre aux solitaires, parce qu'elle

(*) Ce n'esfpas sans raison que nous haïssons ces introducteurs d'un si mauvais exemple parmi les chrétiens. Voyez leurs acles de cruautés, dans EuSEBE, Vie de Constantin, \\h.\, cap. v, xxxviu; Sociute (a), lib. IV, cap. xxix ; Procopb, Vandalic, lib. I, dans l'endroit où il [tarie d'IIonoric (b), et Gotthic, lib. I, au sujet d'Amalaric; et Victor d'Utique.

(a) Sociiate, H ist. eccUsiast.,\\b. IV, cap. xxix. (B.)

(b) Honoric, ou lluneric. (B.)

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accusation ; de priai Maxime de ne BM répandre le sang de ces milan reux, lui disant qu'il èUil plus que suffisant qu'après avoir été déclares

(a) Les ariens ont eu sans doute tort do :nlit,W— > U *•»

rendre justice à tort le momie, aatfl tuteur ne devait pas le» charger* reproche d'av I premiers qui ont dértwnoré le christianisme par ua«

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imploreront le hr« séculier de Constantin contre Parianismc. aTanl qu% les* arians eussent employé aucune voie il f-i>t. . .EUr.BtVr

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