LIVKB II, CHAPITRE XX
jugement de l'Eglise, pour s'être employés à faire punir du glaive les Priscillianistes; et en Orient le synode qui avait consenti à ce que Bogomile fût brûlé, a été condamné. Platon a dit avec sagesse que « la peine de celui qui est dans Terreur, c'est d'être instruit (*). »
LI. — 1. Seront punis plus justement, ceux qui sont irrévérencieux et irréligieux pour les dieux qu'ils croient tels (**). Ce fut, parmi d'autres, une raison alléguée de la guerre du Péloponèsc entre les Athéniens et les Lacédémouiens (Tiiucyd., lib. I); et elle fut invoquée par Philippe le Macédonien contre les Phocéens (Diod., lib. xvi), dont le sacrilège, à ce que dit Justin, « méritait que les forces de l'univers se réunissent pour eu procurer l'expiation (Lib. VIII). » Jérôme dit à propos du chapitre V de Daniel : « Tant que les vases sacrés furent dans le temple d'idoles de Babylone, le Seigneur ne fut pas
hérétiques | ar la sentence des éveques, on les chassât des églises. » Voyez aussi ce qui suit. Grotius.
(*) Sénèquc dit dans uifc tragédie : « Qui jamais a donné le nom de crime à l'erreur? » Et dans son traité De la colère, lib. XIV: « Il n'est pas d'un homme prudent de haïr ceux qui se trompent ; autrement il se haïrait lui-même. » « Instruis, si lu peux, dit Marc Antonin (lih. IX) ceux qui s'égarent; sinon, souviens-toi que la douceur t'a été donnée pour en faire usage à leur égard. Les dieux mêmes les supportent avec douceur. » Chrysoslûme (in Ephcs. iv, 17) dit qu'on ne doit punir, ni accuser même, celui qui est dans l'ignorance, mais qu'il est juste de lui apprendre ce qu'il ignore. Valentinicn est loué par Ammien Marcellin (lib. XXX), parce qu'il « n'inquiéta personne, il ne commanda pas que l'on ador.it telle ou telle chose; il ne faisait pas courber la tête de ses sujets, au moyen de lois menaçantes, devant ce qu'il adorait; mais il laissa chacun suivre paisiblement son culte, selon sa conscience. »
Grotius.
(**) Voyez là -dessus de belles choses dans les livres V et VI de Cyrille, contre Julien. Les amphiclyons, à l'instigation de Solon, firent la guerre aux Cirrhécns, parce qu'ils étaient entrés de force dans le temple de Delphes. I'lutarque, Vie de Solon. On peut aussi punir légitimement ceux qui veulent passer faussement pour prophètes. Consultez Agatiiias, Lib. V. Grotius.
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ùement coupables; mais, encore bien que le délinquant puni n'eut aucun sujet de M plaindre, k limpk plai>ir de la vengeance n'est pas un motif suffisant pour nous Mteruet a punir le crime; il faut un but ulile pour rendre le châtiment lègilUM. Cl but peut être l'intérêt du coupable lui-même, ou celui de la partie lésée, ou celui du geata buruain en général. L'intérêt de la partie lésée, dont il est ici question, n'est pas eeltti d'une réparation — car, encore bien qu'il puisse y élre pourvu dans la peine, elle n'en fait pas, à proprement parler, partie — nais