‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 276 sur 373 · LIVRE II, CHANTRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHANTRE XXI

Salvicn. Augustin dit avec vérité : «Celui qui s'abstient de s'opposer, lorsqu'il le peut, consent. »

3. C'est ainsi que celui qui pouvant soustraire un esclave à la prostitution, souffre qu'on le prostitue, est considéré par les lois romaines comme le prostituant lui-même (L. VII, Dig., Qui sine manumiss.). Si un esclave assassine au sçu de son maître, il oblige son maître pour la totalité, car le maître lui-même est censé avoir assassiné (L. II, De noxal. ad.). Et en vertu da la loi Fabia on punit le maître, si un esclave, au sçu de son maître, a- débauché l'esclave d'autrui (Paul, lib. V, Sentent.).

\. Mais, comme nous l'avons dit, il faut outre la connaissance du l'ait, avoir aussi le pouvoir de l'empêcher. Et c'est là ce que disent les lois que, lorsqu'on condamne cette connaissance (*), on entend condamner en même temps la tolérance, en sorte que celui-là soit responsable du crime qui, ayant pu y mettre empêchement, ne l'a pas lait; et que cette connaissance doit être considérée comme jointe à la volonté, c'est-à-dire accompagnée d'un propos délibéré (L. XLY, Ad Léo. AquiL; L. 1, § l,5i famil. furt. fecis. die). C'est pourquoi le maître n'est pas tenu si l'esclave a réclamé juridiquement sa liberté, s'il n'a pas tenu compte des défenses de son maître : parce que celui-là n'est point coupable, qui a connaissance, il est vrai, mais qui ne peut empêcher (L. IV, De noxal. acl.\ 1. LXj de Itey. Jur.; 1. CIX, Eod. lit.). C'est ainsi que les père et mère sont tenus à raison des délits de leurs lils, mais seulement des fils qu'ils ont sous leur puissance (L. I, § Qui cam.... [in fine); 1. XIII, §1,1. XIX, Dig. Qui not. inf.). D'un autre coté quand bien même ils les ont sous leur puissance, et qu'ils au-

(*) Loi des Wisigotlis, lib. VIII, lil. IV, cap. xi, cap. xxvi; cl ailleurs, hb. IX, lit. I, cap. i. G.

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