LIVRE II, CHAPITRE VU
régnant (*) : ce qui ressort de ce que le roi actuellement régnant ne peut lier son successeur par aucune obligation '. La succession au pouvoir souverain n'est pas, en effet, dépendante du pouvoir souverain; et parconséquent elle est demeurée dans l'état de nature où il n'y avait point de juridiction2.
2. Si cependant le droit de succession est contesté, les prétendants agiront bien et consciencieusement, en convenant de s'en remettre à des arbitres : ce dont il sera traité ailleurs. Quant au peuple, il a transporté tout son droit do juridiction au roi et à la famille royale, et tant qu'existe celte famille il ne lui reste rien de ce droit. Je parle d'un véritable royaume et non d'un principal. Toutefois, si c'est la volonté originaire du peuple qui est en question, il ne sera pas hors de propos que le peuple d'aujourd'hui, qui est censé être le même que celui d'autrefois, exprime à cet égard son sentiment (**), qui devra être suivi, à moins qu'on ne soit suffisamment certain que la volonté du peuple ait autrefois été autre, et qu'elle ait été la source du droit. C'est ainsi que le roi Euphaès permit aux Messéniens d'examiner qui de ceux de la race royale des yEpytides devrait régner
(*) Sur le royaume de France, voyez De Thou, lib. CV, sur l'année 1593. Voyez aussi Guichardin. G.
■ En matière de choses, bien entendu, où personne n'a acquis un droit véritable et perpétuel ; cor Grolius ne prétend nullement accorder aux rois le droit de ne tenir aucune alliance, de n'observer aucun des traités de leurs prédécesseurs. P. P. F.
2 « Et par conséquent, dit Barbeyrac dans sa paraphrase, la décision des démêlés qui surviennent là-dessus, doit se faire comme dans l'état de nature, où il n'y avait point de juridiction. » P. P. F.
(**) Soit dans une assemblée des Ordres, comme cela s'est fait en Angleterre et en Ecosse, suivant le témoignage de Cambdcn, sur les années 1571 et 1572; soit par des députés délégués pour cette affaire, comme cela s'est pratiqué en Arragon, suivant le témoignage de Mariana, livre XX. Grotius.
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