‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 293 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXI

nciiL à ceux à qui appartiennent les fautes (Lib. II, De spécial. leg.); blâmant ainsi la coutume de certaines nations qui punissaient de mort les enfants innocents des tyrans ou des traîtres. Denys d'IIalycarnasse la blâme également, et démontre que la raison qu'on prend pour prétexte, que les enfants sont considérés comme devant ressembler à leurs pères, est inique ; parce que cela est incertain, et qu'une crainte incertaine ne doit pas suffire pour donner la mort à quelqu'un. Je ne sais qui osa suggérer à l'empereur cb rétien Arcadius, que ceux dans la personne desquels les exemples du crime paternel sont craints, doivent périr par le supplice de leur père (L. Y, Cod. Ad Lc.ij. Jul. Majcst.); et Ammien raconte que des enfants, tout petits encore, ont été mis à mort, « dans la crainte qu'ils ne suivissent les exemples de leurs pères » (Lib. XXYIII). La crainte de la vengeance, d'où est né le proverbe grec : « Est fou celui qui, tuant le père, épargne les enfants, » n'est pas une cause plus juste (Victoria, De Jure Dclli, n° 38).

3. Selon Sénèque, « rien n'est plus injuste que de rendre quelqu'un héritier de la haine qu'on a eue pour son père» (Lib. II, De Ira, cap. xxxiv). Pausanias, général des Grecs, ne lit aucun mal aux enfants d'Attaginus, qui avait provoqué les Thébains à se donner aux Mèdcs, « disant qu'ils n'étaient pas coupables de complot en faveur des Mèdes » (Hérodote, Calliop.). Dans une lettre au sénat, Marc-Antonin dit : « C'est pourquoi vous accorderez le pardon aux fds d'Avidius Cassius (*) —

membres de la famille. » Joscphe qualifiant la conduite contraire tenue par Alexandre, roi des Juifs, dit que c'était « une manière de punir qui excédait la mesure de l'humanité. » Jupiter Ammon, dit Ovide, avait injustement ordonné qu'Andromède y subit, sans l'avoir méritée, la punition des paroles de sa mère. » Grotius.

(*) Voyez aussi Vulcatius, dans la Vie d'Avidius. Julien loue Constance d'avoir usé d'une semblable humanité; et il montre que souvent des enfants vertueux sont nés de parents pervers, de même que les abeilles

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