LIVRE II, CHAPITRE XXI. 5 I
parce que la vie humaine peut se prolonger de manière à les voir — et dans ce cas il est certain que les pères sont punis par un tel spectacle, plus affligeant pour eux (pie le mal qu'ils soutirent en leur personne : c'est ce qu'exprime parfaitement Ghrysostùme, avec lequel s'accorde Plutarque, eu disant « qu'il n'y a point de plus cruel supplice, que de voir des personnes qui viennent de nous, mal heureuses à cause de nous » (IIomil. xxix, in cap. îx, Genès.). Ou bien les pères ne vivent pas jusques là, et alors c'est toujours un grand supplice pour eux, de mourir dans cette crainte. « L'endurcissement du peuple, dit Tertullicn, avait obligé d'user de tels remèdes, aûn qu'au moins ils se portassent à obéir à la loi de Dieu, dans l'intérêt de leur postérité (*). »
2. Mais il faut remarquer en même temps, que Dieu n'use jamais de cette redoutable vengeance, que contre des crimes commis proprement en vue de l'outrager, comme les taux cultes, le parjure, les sacrilèges. Les Grecs ne pensèrent pas autrement; car les crimes qu'ils ont considérés comme enchaînant la postérité, et qu'ils appellent eux-mêmes « crimes horribles (**), » sont tous de ce genre-là. Plutarque disserte éloquemment sur ce sujet dans son livre sur la vengeance tardive de la divinité. Il y a dans Élien (*'*) l'oracle suivant, de Delphes: «La justice divine poursuit les auteurs des crimes, et ne peut être évitée, qua:»d bien même, ils tireraient leur origine de Jupiter; elle est suspendue sur la tête de tous ceux qui naissent d'eux, et dans leur maison un désastre succède à un désastre. » Or il s'agissait là du
O Alexandre dit dans Quinte-Curce (lil». VIII) : « Il ne fallait pas que vous sussiez, ce que j'avais décidé à leur égard, afin que votre mort fut plus cruelle... » G.
(**) Voyez I'lutarquk, Vie de Përiclès, et ce qui a été dit plus haut, dans ce livre, cliap. xiii, jj t. G.
I'") Lib. III, cap. XL'.II. G.
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plus li. mi des iuIoi ites semblables rclaUremeot I jure, l.niin. quand bien m£i rail m-s mi-nicci,
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comme on i"'»»1 le roirdans Eiéclriel Cap. kviii), comme Plutarquc U- pn.w\r par «pi'lipics exemp: dans l'endroit dit
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, l'un.- manière plui claire qu'autrefois, il n'y i poui cette raison dam cette alliance aucune menace allant au delà <1< la personne des i oupablet '" • <p"' Is prophétie déjà citée d'Ézét hiel a principalcnx ni en i quoique moins clairement, selon la coutume des | phètos.
M, lis il n'osl pas permis aux hommes d'imiter fait de Dieu *. Le cas n'est pas le menu que,
(•] CoflMM le dit Liban i M un» ot çu leur chilirocal,
la autre» M l'oal SU ri ni BMtrt, mais personne ne Ici affranchira de la peine; et je «lis non- Il MX, mais encore leurs enfant» cl OMl
(|in naîtront doux. » Le morne Libanius rhosc de semblable
dans le discours qu'a publié Godcfrui. Grutius.
« a Voici, dit Aulu (iclle, luiu'iiie de rcltc ancienne locution ftMM rn proverl.o : l'Or de Toulouse. \* consul Q. Gopion ayant pillé Toulouse, dans les Gaules, lrou\a beaucoup d'or dans les temples de celte nié; et on lUaiUHI que ceux qui, dans le pillage, avaient pris cet or, périrent tous d'une mort •misérable et vifwatt. » Us KwUê atliques. lit». III, cap. i\. *> l
(*•) Ou s'ils ont fait une déclaration publique maudissant le crime paternel, semblable à celle que fit l'empereur Andronic Paleologue, dans
GaieoaAs, lia. V, i i kui. g-
(*•') Terlullien dit Dt mnnogamul) : ■ Le raisin ai^rc mangé par les pères | cessé d'agacer les «lents des enfants; car chacun mourra dans le délit qui lui est propre. » G.
2 u Mail il n'ot jamais penan aux hommes, dit Barbcyrac. dans sa