‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 309 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXII

désigné par le nom de « Terre habitable» (Luc il, !)(*). De la même nature sont ces expressions : «Le Romain victorieux possédait déjà tout l'univers; » et beaucoup d'autres semblables, employées par synecdoche, ou par hyperbole, ou par excellence. Aussi dans les mêmes lettres sacrées, la seule Judée vient-elle aussi se placer sous le nom de a Terre habitable (**);» c'est dans ce sens qu'il faut accepter l'ancienne expression des Juifs, que a la ville de Jérusalem était située au milieu de la terre, » c'està-dire au milieu de la Judée (***), de la même manière que Delphes, placée au milieu de la Grèce, était appelée pour la même raison « le nombril de l'univers. » Et il n'y a pas à se laisser ébranler par les arguments de Dante, au moyen desquels il s'efforce de prouver qu'un droit pareil appartient à l'empereur, parce que c'est avantageux au genre humain. Car les avantages qu'il allègue sont compensés par lés inconvénients qui les accompagnent. De même, en elï'et, qu'un navire peut atteindre une dimension telle qu'il ne puisse plus être gouverné, de même le nombre des hommes et la distance des lieux peuvent avoir des proportions si vastes, qu'elles ne supportent point un seul gouvernement (Aristote, lib. VU, Polit., cap. iv).

2. Mais, en accordant même que cela soit avantageux, le droit de commander ne s'ensuit pas: ce droit ne pouvant naître que d'un consentement ou d'une punition (Sylyest., Vcrbo Bcllum, P. I, n° 21; Covarruy. loco cilalo, n° 9). L'empereur romain n'a môme plus de

O « Je parle, dit Philon (De Lcyal.), «les parties du monde habitable les plus importantes et les plus utiles, que l'on appelle par excellence le monde, et qui sont limitées par doux fleuves, l'Euphrate et le Rhin. »

Grotius.

(**) « Le mot de Terre, dit Jérôme, lors même qu'on y ajoute l'épitbete de toute, doit se restreindre au pays dont il est parle. » G.

,'*') Vous pouvez l'apprendre du livre 111 de .lusn-iit, Dell. Jud. G.

droit mainl |ui ont apparfc

auti • i peuple romain "uj. <i

mémo |" « ■ ■ : de* iraiiés,

d'autre i par • I • I > > • m* ni. < >ni |< ren

nations on rois (*). I < om-

plétomi ut oumis, oui < onimi n

ilépcudanui <|u< pour pai

que par une alliance in< j.\\<-. ■ «•«•<, m

de perdre ou de modifii r le droil de command

lu h par rapport •< l'empereur romain, n en • |u«-

par rapport aux autres p

\ l\'. — 1, Il y a ( n .m inci qui oui atti

hué ù li iimaiulcinciit, même im

l>ouples de la partie do l'univers im on nue ju sent Vu roai v. De IndL . R< "-■■■ '. u \,

lib. I. cap. xxix); bicu que cependant l'api ni Koi-

iiiôme ait dit ouvertement qu'il n'avait |»;i^ le droit de juger ceux qui Bout en dclion «In Christian i wr-

i/uni ontreprendrais-je de juger ceux du dehors » (I I iumii., v, 12 ? Va quant au droit de juger qui i apj tenu aux apotn $, quoiqu'en sa manière il u rattai même aux choses de la terre, il était tant d'une

nature céleste, pour ainsi dire, et non pas terres! i '■ st-à-dire qu'il ue devait point par le

moyen des armes et des par la

Dieu, exposée d'une manière générale, et appliquée aux circonstances particulières; par la production ou 1< . -

*) Prenez-en un exemple en Ks io, m\

l-'ucrat..., n" ô, De actif nûnu , pAUOtBITAS, M cap. YcucraOïlem..., col 9, l>e EUcUont ; Jasox, inlcg. Cunelos populos.. iesummd

TnniL, col . l\ UenoCRII '. II. ii# l<>?. Io r..r.liiia| Tw

clic, coud., 345, | Ri mût.. . lu UwLUd C*m. Pans,

n° 20, princ; Dl CbASSEXI i \. De la. gloire du monde, pari. V, Considérât. Î8; A/.oRus. Intlil. moral., lit-. II. cap v. tu--

L1YAE II, ClIArtTllE XXII. 530

des sceaux de la grâce divine, selon que le bien de icun le demandait; enfin même par une punition i pas naturelle, mais au-dessus de la nature ellemc, et par conséquent procédant de Dieu : telle elle s'est montrée dans la personne d'Ananias, d'Elys, d'IIyménée et d'autres.

!. Le Christ lui-même, de qui tout pouvoir ccclésiasne a découlé, et dont la vie est un modèle proposé à ^lise, considérée comme telle, a nié que son royaume de ce inonde, c'est-à-dire, tût de la nature des aus royaumes (Jean, xvnr, 30; v. Pbtr. D ami an., lib. IV, Ù7.,ix; et iJEiiNAHD.,. Epis 1. 1 CCXXl) ; ajoutant que s'il était autrement, il se servirait de soldats, à la mare des autres rois. Alors même qu'il eut voulu dernier des légions, il en aurait demandé non d'homs, mais d'anges (Mattii. XXVI, 53). Et tout ce qu'il a t d'autorité, il l'a l'ait non par un pouvoir humain, lis par une vertu divine, môme lorsqu'il a chassé les tiquants du temple. Le fouet, en elïet, était alors le nbolc, non l'instrument de la colère divine, comme us un autre endroit la salive et l'huile étaient un symle de guérison, et non pas le remède (*). Augustin s'exime ainsi sur le passage cité de Jean : « Écoutez donc, ifs et Gentils; écoutez, circoncis; écoutez, incirconcis; outez, toutes les puissances de la terre : Je n'empêche s votre domination dans ce monde (**) ; mon royaume jst pas de ce monde. Ne craignez point de cette crainte ine, dont le vieil llérode lut saisi, lorsqu'on lui an- ►nca que le Christ était né, et qui lui lit mettre à mort, us cruel dans sa crainte que dans sa colère, tant de

[*) Tostat explique bien cela, sur 3Iallh., ix. G.

[**) llilairc, d'Arles, dit que « le Christ n'était pas venu pour envahir gloire d'autrui, mais pour communiquer la sienne; non pour s'empap d'un royaume terrestre, mais pour donner le royaume céleste. »

Grotils.

poui «i1»' la n Mou royaume, .» «lit l- •

' Appro qui n'1 ' pai il»1 • •' imuiili \uiis |M,i i. / .1 nui une 1 1 n .'.ml, i olrc

Ii.i|.|m i | 'I'i\|..in., m, | i n m

Ullfl ( Hiili.unt. . C*C*I llll'c lllir lh

l'emploi île I humaine,

non des év&iuen, \i «lit Uirysoslûinr ') [In A i/.,

Nom . m , I

.'■/., Iil». Il), i Nou n'ai " 'iii-il .hIIi . le pouvoir do détourner l< •«* lioinuies du péché |iar 1

Loriie* d'une m iitencc, a-tlire avei une autorité qui

renferme le droil d'excV ut r raaiu :

( * ! Il II. ■ Il

pu permit» tortotil aux prttrct élu ce pour r

i cbeui i. ii w»r

ceux qui foui du iii.il , et ijuc I

eonlraigncut, boa gré a leur L

Hait pour un. I r< mire in dlcur» <Jc idles

lu-us, en U i |" i inadant, ci in.ui pai en I m oe nous

oui |us donné ti ii Ici pouvoir pour n /»aod

même elles nona l'auraient donné, i oui voadrtena

l'exercer, pniaqnc Diea couronne non ceux qui parerainle, maie ceux qui iiaii entent. II fauidouc

nous preniona bcaeeoup de pente, pour cnga| . aiavl«à Tenir

d'eux-mêmes se faire guérir par les prelres. » Ua pea |'«us bjs il ajoute, ipie u celui qui cal 01 dehors de la foi ne peut (unlrainl, ni porté

même par la crainte à embraaaer i • La même <-. •(*.,

cap. iv) : u Nous i vont été établis poor instruire lea neenaaee, non pour le commandement, non pour IN non» la place

de conseillers qui persuadent. Celui qui donne un euni i ce qu'il pente qn'oa doit faire, n.- co irnndilenr, mais il lui Liw U

liberté de choisir parmi lea eoneeik qui lui sont donnés. • AmbroiMî (l)€ Coin et Abcl , lih U, cap. iv dil QM ■ le prêtre s'acquitte des devoirs de sa rnarge, mais n'exerce anenn ncta de pontoir. » Ci pas*ape cji au ('.. Vcrbum..., De rwulemt., Distinct. I. il.-.

Page 1