LIVRE H, CHAPITRE XXII
ou main armée, ou de dépouiller de quoique droit humain (*). L'évoque, dit-il, doit s'acquitter de son devoir « sans contrainte, mais en persuadant. » 11 ressort suffisamment de cela que les évoques, comme tels, n'ont aucun droit de régner sur les hommes suivant l'usage humain. Jérôme, comparant le roi et 1 'évoque, dit que « celui-là commande à ceux qui ne le veulent pas, celuici à ceux qui le veulent (**) l. »
(') C'est aux rois, et non pas à l'Eglise, qu'il appartient de juger des liofs (Can. A'ovit..., De judiciis ; De feudis ; De possessionibus ; Can. Causam ryu.r..., lit. Qui filii sunt Icyitimi). Les rois, en effet, ne reconnaissent point de supérieur, à l'égard des choses temporelles ( Can. Pcr vencrabilem..., Eod. TU.). « Le Christ a voulu que, comme les empereurs chrétiens ont besoin des papes par rapport à la vie éternelle, les papes suivent les lois des empereurs pour ce qui concerne les choses temporelles ; de telle sorte que l'action spirituelle demeure séparée des entreprises du temporel, et que le serviteur de Dieu ne s'immisce point dans les affaires du siècle. » Can. Quuniam..., Distinct. X, et Can. Cum od rerum..., Distinct. XCVI. À cela n'est point étranger ce que nous avons dit au livre I", chap. Il, g ull., d'après le 82e des canons dits apostoliques, et ce que nous disons là, de plus, dans le texte, et dans les noies. • Grotius.
(**) Le même dit {De Epilaph. Nepotiani) : « Il est moins permis à l'évèquc qu'au roi. Celui-ci commande aux hommes, bon gré, malgré qu'ils en aient ; celui la ne commande qu'autant qu'on veut lui obéir; celui-ci s'impose par la crainte, celui-là est subordonné. » Cassiodore (Var.% XI), dans une lettre aux évoques, dit : « Que l.'évéque enseigne de façon à ce que le juge ne puisse trouver de quoi punir. » L'empereur Frédéric Ier, dans Guntiierus, Ligurin., dit du pape : « qu'il gouverne son Église, et qu'il règle le spirituel, mais qu'il nous laisse l'empire et les faisceaux. » Un eveque de Roschild, nommé Guillaume, ayant voulu empêcher Suénon, roi de Danemarck, qui était excommunié, d'entrer dans l'Église, en lui présentant le bâton pastoral , comme les gens du roi mirent la main à l'épée, il lit le devoir d'un éveque, et lendit le cou. Ajoutez ce que nous avons dit plus haut, liv. I, chap. iv, $ v.
Grotius.
* L'archevêque Hincmar écrivait au pape Adrien II : « Vous voulez que je refuse la communion au roi, que mes conseils n'ont point arrêté... Je ne vois pas comment je pourrais, sans péril de mon âme et de mon Église, éviter la compagnie cl la présence d'un rni dans les Étais duquel
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