LIVRE II, CHAPITRE XXIII
VII. — I . Le premier est de s aboucher. « Comme il y a deux manières de vider un différend, dit Cicérôn, l'une par la discussion, l'autre par la force, et comme celle-là est propre à l'homme, celle-ci aux betes, il ne faut recourir à la seconde que s'il n'est pas possible de faire usage de la première » (De offic, lib. I ; Victoria, De Jure Belli, n° xxvm). « Le sage, dit Térencc, doit essayer de tout avant de recourir aux armes (*). Que
favoriser le coupable. » « C'est, ajoute Hcflter, la soumission à un arbitrage, qui restera toujours la voie la plus équitable, quoiqu'elle ne réussisse pas toujours à mettre un terme aux contestations internationales » [Le Dr. internat, publ. de VEur., g 108, édit. 18CG, p. 205 et suiv).
De nos jours, des négociations diplomatiques entamées avec la partie adverse, ou avec une puissance tierce, qui peut réussir à faire entendre sa voix conciliatrice dans le litige; un appel directement fait à l'opinion publique, à laquelle sont liviés les documents cl les pièces justificatives qui concernent le litige, après que les négociations n'ont abouti à aucun résultai satisfaisant, et qu'elles ont clé rompues; enfin une médiation internationale préalable et pacifique, opérée dans le sens de l'art. 8 du traité de Paris de 185G, soit par les bons offices, soit par la médiation d'une tierce puissance acceptée par les parties en litige, sont les moyens généralement employés pour convaincre la partie adverse de ses torts, et pour l'amener à la conciliation. Mais on ne les emploie qu'autant qu'il n'existe aucun danger 'imminent. Le dernier moyen indiqué est le plus efficace; car l'intervention d'une puissance médiatrice fait de plein droit suspendre les boslilités, tant que ses fondions ne sont pas terminées, tandis que de simples offices d'amitié n'ont qu'une importance purement morale. Voir IIkpfter, lib. cit., g 107, p. '204. Quant aux entremet, j'ai dit dans une note précédente, et dans mes annotations sur Vattel, quel rôle elles sont appelées à jouer dans le droit des gens contemporain. Voir Vattel, édit. (îuiltaumin, 18G:{, t. 111, p. 217; voir aussi, à propos des Congrès, ma noie sur Vattel, édit. cit., t. II, p. 308 et suiv. P. P. K.
(*) Denys d'Halycarnasse [Exccrpt. Légat.) dit « qu'on ne doit pas in venir aux mains, avant d'avoir tenté la voie des paroles. » Ménélas dit, dans Libanius, « qu'il convient mieux à un bomme d'employer d'abord le moyen des paroles, que de sauter de suite sur ses armes. » Ce que dit le chœur, dans Y Hélène d'Euripide, s'en rapproebe : « Insensés ceux qui, poursuivant la gloire de la valeur guerrière, espèrent follement mettre fin par les armes aux différends des mortels! Car si le courage ne peut se
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de la raison plutôt que de violence.! Ce qu lisons
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«If tout, comme rerail le glaive ennemi.. ., » Plient
dans Tite-Live, le développe ainsi i ur évita
venir aux hostilités, les hommes i«»nt volontairement
bien des concessions, qu'ils n'obtiendraieul pas pu
rorce des armes [^.Mardoniusvdansllérod<
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puisqu'ils parlent la même langue, se servir de Il
et d'ambassadeurs pour traiter leurs différends, au nev
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;\ CSoriolan dit, dans Denys dUalycarnast ^;«|uel-
qu'un ne convoite pas le bien d'aulrui, ma qui lui appartient, et si, ne l'obtenanl pas, il la
guerre, son action est équitable, de l'aveu «le tous. » Dans le même Deuy* d*Halycarnassc. le roi Tulliusdil
manifester que par le sang répandu, jamais la discorde furieuse ne désertera les cilés inijuit les. » Grotios.
(*) Donat (sur YKumnjUt) dit que • c'est une maxime loulà fait connue, «lue ce que vous avez défendu opiniâtrement lorsqu'on voulait tous l'arracher par la force, vous l'abandonnez ensuite de bon gré à celui qui ne veut point vout> le prendre violemment. Geoius.