‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 329 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIV

être évitée la destruction d'un peuple '. — VU. Que celui qui n'est par de beaucoup le plus fort, doit s'abstenir d'exiger des punitions.— VIII. Qu'il reste que la guerre ne doit pas être entreprise, si ce n'est pas nécessité. — IX. Ou pour une cause très importante, avec une trèsfavorable occasion. — X. Maux des guerres posés devant les yeux.

I. — I. Quoi qu'il semble qu'il ne soit pas proprement du l'ait de cet ouvrage, (jui a pour titre Du droit de la Qutrrc% de développer ec que les autres vertus2 prescrivent ou conseillent par rapport à la guerre, il Faut cependant, en passant, aller au devant d'une erreur, afin qu'on ne s'imagine pas que dès que le droit est suffisamment établi, l'on doive aussitôt, ou qu'on puisse même toujours entreprendre la guerre. Il arrive au contraire, en effet, que la plupart du temps il est plus honnête et plus conforme à la règle de relâcher de son droit, car il a été dit plus haut, en son lieu 3, que le soin môme de notre vie peut être honnêtement abandonné, dans l'intérêt, autant qu'il est en nous, de la vie et du salut éternel d'autrui (Victoria, De Jure bclli, n° xiv et xxxm). Or, cela convient surtout aux chrétiens qui, en cela, imitent l'exemple si parfait du Christ, qui a voulu mourir pour nous, impies et ennemis que nous étions encore (Rom., v, G) ! Gela même nous engage bien davantage à ne pas poursuivre ce qui est à nous ou ce qui nous est dû, en attirant sur les autres des maux aussi considérables (pie ceux <pie les guerres apportent avec elles.

?. Aristote et Polybc nous avertissent que la guerre

• Uarbeyrac développe ainsi ce paragraphe du sommaire : « Application de quelqu'une de ces règles, au cas où il s'agit de délibérer s'il vaut mieux, pour un peuple, de racheter la paix, en perdant sa liberté, que de s'exposer, pour conserver sa liberté, à èlrc entièrement détruit »

- Les vertus distinctes de la justice, telles que la tempérance, la prudence, la charité. P. P. F.

1 Chap. 1, l vin.

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Diou Cassius. « Le père, «lit Scnèeiue, h inoim < | ut i torts graves ol répétés n'aicnl rai» u m pal* moins qu'il n'a|>préliciido îles rautoa plus graudea que a Iles qu'il punit, se n fusera ii signer le falal arrél ").»

(*) Il y a il.iti» S ■èqsc (Suasnr. Y) . • (lallion a dit que la puerre

devait être entreprise pear défendre sa Kberi pouse, se* enfant*,

i ii.ii s mm pttpoor Bel choses inutile* , el <lont on rrt aucun pré-

judice. » Apollonius, dans Pbiloetiate lib. I, cap wwiu . a dit quelque chose de plus .m mi de BlhjMM. I i qu'il ne fallait pas diiptfcr

.im'c les Humains pour qui Iqucs vill ;c île simples par-

ticuliers en ont quelquefois de plus grands; il qu'on ne devait même pas en venir à II Rient pour «les clios» > rallie*. • J ose | die (advtrt.

Appiun , lili. Il) dit en parlant île ses compatriotes : ■ Ils ne font pat Btage de leur videur pour s'agrandir, mais pour maintenir leurs lois; i - soutirent patiemment tout autre dommage, u .'on veut nous

COatraindre à abandonner nos lois, ne la puerre, au-

dessus même de nos », el nous la soutenons jusqu'à la dernière

extrémité. » G tils.

(*■) De la Clcmen ce, li !i I, cap. w Auguste, siégeant auprès d'un pire daee un Iribaaal de famille, et Ijaal à j'iger un fils surpris en flagrant délit de parricide, dit : « Que le fils soit exilé où le père voudra. » Il ne vota ni pour le supplice du sac cl des scipenls, ni pour la prison, songeaal non à celui sur le sort de qui il avait à prononcer, mais au

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Le mut de Pliinée, rapporté par Diodorc de Sicile, n'en diffère pas beaucoup : « Un père ne se déterminerait point à punir ses iils, si, par 1 enormité de leurs fautes, ceux-ci n'avaient pas tait taire la tendresse naturelle que les parents ont pour leurs enfants » (Lib. IY). Et le mot d'Andronic de Rhodes : « Un père ne déshérite jamais son iils, s'il ne lui en donne sujet par l'excès de sa mauvaise vie. »

?. Or, quiconque veut punir une autre personne, prend en quelque sorte le rôle d'un maître, c'est-à-dire d'un père (*). C'est ce qu'Augustin a en vue, lorsque

conseil dans lequel il, siégeait. « Un père, dit-il, devait se contenter de la peine la plus douce... » Ces paroles sont de Sénèque, eod. lib., cap. w. Tércnce dit, dans V Andricnne : « Pour une grande Taule, une petite punition suflit à un père. » m Les pères, dit lMiilon {De Xobilit.), prononcent les tristes paroles de l'exhérédalion, et cliasscnt leurs fils de leur maison cl de leur famille, seulement dans le cas où la perversité de cc£ Iils a triomphé de cet amour immense et surpassant loulcs choses, mie la nalure a placé dans le cœur des pires. ). Dans son discours pour Ligarius, Cicéron dit : « Pardonnez-lui, juges I il a commis une faute ; il y a succombé; il n'y pensait pas. Si jamais cela lui arrive!... C'est ainsi qu'on s'excuse auprès d'un père... » Grotius.

(*) Sénèque dit (Epist. LXXXVII) ; « La clémence fait qu'on épargne le sang des autres, comme si c'était le sien propre; elle sait que l'homme ne doit pas abuser de l'homme {a). » Suivant Diodore de Sicile {Fragment.), u il ne faut pas toujours punir tous les coupables, mais seulement ceux qui ne se repentent point de leurs méfaits. » Chrysoslômc di (De statuts, vi) : « Que tous ceux qui sont étrangers à notre foi apprennent, que le respect que nous devons au Christ est si grand, qu'il s'impose à toute puissance quelconque, llonoie ton maître; pardonne à tes compagnons d'esclavage, afin que lui-même il t'honore bien davantage, et qu'au jour du jugement il le montre un visage serein et clément, se souvenant de la douceur. » Gratien cile le passage suivant tiré d'Augustin (b), Caus. XXIII, Qu,tsI. IV : « Ces deux qualifications dont nous

(n) .l'ai vainement cliciclié cette penspe dans la lettre LXXXVII, où Sénèque parle do la frugalité, du luxe, et discute si les richesses sont un Uien.

[b) Oa plutôt Dcdc, in Calai., cap. vi. (D.)

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