‹ Le droit de la guerre et de la paix (volume 2)Chapitre 331 sur 373 · LIVRE II, CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE XXIV

portail ce. » 11 ajoute la raison : « Car vous louez parmi les hommes privés ceux qui sont d'un caractère facile, et qui aiment mieux subir quelque dommage que de plaider. » Xénoplion dit au livre YI de son Histoire grecque : « Qu'il appartient aux sages de ne point entreprendre la guerre, pas même pour des causes graves. » Et dans Philostrate, Apollonius dit que, « même pour de puissants motifs, il ne faut point recourir à la guerre. »

III. — I.À l'égard des peines, il est premièrement de notre devoir, sinon comme hommes, du moins comme chrétiens (*), de pardonner facilement et volontiers ce qui a été commis contre nous, de même que Dieu nous pardonne en Jésus-Christ (Éphés., iv, 32). Etre exempt de colère contre les crimes à raison desquels les coupables sont soumis à la peine de mort, c'est, dit Joscphc (**), se rapprocher de la nature divine. »

2. Sénèque dit du prince : « Qu'il soit plus cxorable dans sa cause que dans celle des autres. Comme, en effet, la générosité consiste non à se faire libéral du bien d'autrui, mais à donner ce qu'on s'ôte à soi-même, ainsi j'appelle clément, non pas l'homme qui fait bon marché des griefs d'autrui, mais celui qui, poussé par les siens propres, ne bondit pas sous l'aiguillon; qui a compris qu'il est d'une grande âme de souffrir les injures au faite de la puissance, et que rien n'est plus digne de gloire qu'un prince qu'on offense et qui ne punit pas (***) » (Lib. I, De Clément., cap. xx). « Nous

(*) Théodose fut surtout porté à pardonner aux habitants d'Antioche le crime commis contre lui, par les paroles du Christ, que lui cita l'évéque Flavien : « Mon père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Chrysostôme le raconte, De statuts, xx. G.

(*•) Antiq. Histor., lib. H, cap. m. G.

y***) Chrysostôme dit, dans l'éloge de la clémence : « Elle est le plus bel ornement Je tout homme, mais surtout de ceux qui sont placés à la télé

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(*) Dans Yulc.iluiN Ci.illicnn v F Cnssius. '•

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faute, ou que la faute commise envers nous procède de quelque infirmité humaine et excusable, ou lorsqu'il parait suffisamment que celui qui a nui se repent (Dried., lib. Il, De iibcrl. christ., cap. vi). « Il y a une limite dans la vengeance et la punition, ditCicéron, et je ne sais s'il n'est point suffisant que l'agresseur se repente de son olfense (*). » « Le sage, dit Sénèquc, remet beaucoup de choses; il sauvera bien des âmes malades, mais qui ne sont pas incurables. » Ce sont là, pour nous porter à nous abstenir de la guerre, les raisons qui naissent de la charité que nous devons avoir, ou que nous faisons bien d'exercer envers nos ennemis eux-mêmes.

IV. — 1 . Mais souvent c'est dans notre propre intérêt, et dans celui des nôtres (**), que nous devons faire en sorte de ne pas en venir aux armes. Plutarquc dit, dans la vie de Numa, qu'après que les féciaux avaient décidé que la guerre pouvait être justement entreprise, on consultait le sénat pour savoir s'il était expédient de l'entreprendre (***). Il est parlé dans une certaine parabole du Christ, d'un roi qui, ayant à se mettre en campagne pour combattre un autre roi, s'assied d'abord, comme font ceux qui délibèrent avec soin, pour examiner en lui-même si, avec dix mille hommes qu'il a, il pourra tenir tête à son ennemi, qui en a le double; et qui, ne se voyant pas égal en forces, envoie à l'autre roi, avant

(*) Procope [Vandalic, lib. II) dit « qu'un repentir survenu à temps, engage les personnes offensées à pardonner aux auteurs de l'offense. »

(") PROCorE (Gotthic, lib. II) dit que les Goths avaient parlé ainsi à Uélisaire : « Les choses étant dans cet état, Ijî devoir des chefs de l'une et de l'autre nation, est de ne pas sacrifiera leur propre gloire la conservation de leurs sujets, mais de préférer ce qui est juste et utile, non-seulement à eux, mais encore à leurs ennemis. » Grotius.

(***) Dans Thucydide (lib. III), Diodore dit : « Quand bien même je reconnaîtrais toute l'étendue de leur faute, je ne les ferais pas mourir pour cela, à moins que ce ne soit utile. » G.

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