LIVRE II, CHAPITRE XXV
2. Mais un citoyen innocent peut-il même être livré entre les mains des ennemis, pour éviter la ruine de l'État, imminente sans cela? C'est sur (moi les érudits disputent, et sur quoi il a été autrefois dispulé, lorsque, par exemple, Démosthènes a proposé cette fable célèbre des chiens que les loups demandaient aux brebis de leur livrer, en vue de* la paix. Non-seulement Yasqucz, mais ce Solo dont l'opinion est accusée par Vasquez d'être voisine de la perfidie, nient que cela soit permis. Soto avance cependant qu'un tel citoyen est tenu de se livrer lui-même aux ennemis ; Yasqucz nie aussi ce point, parce que la nature de la société civile dans laquelle chacun est entré en vue de son propre avantage, ne le demande pas.
3. Mais tout ce qui suit de là, c'est qu'un citoyen n'y est point tenu en vertu d'un droit proprement dit; et il n'en résulte pas que la charité souffre qu'il agisse autrement. 11 y a, en effet, beaucoup de devoirs non de justice proprement dite, mais de charité, dont non-seulement l'accomplissement est digne de louange — ce que Yasqucz recon nait — mais qui, même, ne peuvent être omis sans faute. Or, tel paraît être, sans contredit, le devoir pour tout citoyen de préférer le salut d'un trèsgrand nombre de personnes innocentes à sa propre vie. Dans YErcchlJièc d'Euripide, Praxithéc dit : « Si nous savons compter et distinguer entre le plus et le moins, la ruine d'une seule famille ne remporte pas sur la ruine commune, et ne peut pas même lui être comparée (*).» C'est ainsi que Phocion exhortait Démosthènes et les autres à subir eux-mêmes la mort, à l'exemple des filles de Léus et des llyacinthidcs (**),»plutôt que de laisser
(*) « Il est injuste que le tout devienne un accessoire de la partie. » Ce passage est dans IMiilon, à la fin du livre I de la Vie de Moïse; il s'y trouve aussi d'autres choses qui méritent fort d'être lues. G.
(**) Voyez Apollodore, Biblioth. G.
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iju'un MJet innocent soit tenu de sacrifier sa vie pour le bien public, lorsqu'un ennemi le demande, et que le so iverrnn n'e>t pas en état de le pr»léger, il reste rnrore à savoir si, au cas que ce sujet ne veuille pas se remettre lui-même entre les mains de l'ennemi, ou |»eul l'y contraindre... » P. r. k.