LIVRE II, CHAPITRE XXV
guerre qu'on leur propose est légitime, sûre, glorieuse ou déshonorante. »
2. Il ne faut pas dédaigner non plus ce passage de Séncque (*) : « Je porterai secours à celui qui est exposé à périr, mais sans vouloir périr moi-même pour lui, à moins que ma vie ne rachète celle d'un grand homme, ou ne soit le prix d'une grande chose. » Et alors môme on n'y sera pas obligé, si l'opprimé ne peut ôtre délivré que par la mort de l'oppresseur (Lessjvs, lib. II, cap. iv, Dub. 15). Car, si celui qui est attaqué peut préférer la vie de l'agresseur à la sienne propre, conime nous l'avons dit ailleurs ', on ne péchera pas en croyant ou en voulant que l'attaqué le veuille ajnsi, surtout lorsqu'il y a du oOté de l'agresseur un péril plus grand de dommage irréparable et éternel.
"VIII. — 1. C'est aussi un point controversé, celui de savoir si c'est une cause juste de guerre, de prendre les armes pour les sujets d'un autre, afin de repousser d'eux l'oppression de celui qui les gouverne? Assurément, depuis le moment où les sociétés politiques ont été établies, il est certain qu'une sorte de droit particulier a été acquis aux chefs de chacune de ces sociétés. Euripide dit, dans les Héraclidcs : « Nous avons droit, dans le gouvernement de notre cité, d'exercer par nousmêmes une justice souveraine. » Le mot suivant no tend pas à autre chose : « Embellissez Sparte qui vous est échue; nous, nous aurons soin de Mycènes. » Et
(') Le passage se trouve au traité des Bienfaits, lib. 11, cap. xv. Il y en a un autre semblable, sur le même sujet, lib. 1, cap. x : « Je défendrai une personne qui le mérite, aux dépens même de mon propre sang, et je prendrai ma part de son danger; quant à celle qui ne le mérite point, u je puis la retirer des mains des brigands en poussant un cri, je ne nSe* repentirai pas d'avoir fait retentir ma voix, qui donnera le salut à un homme. » Voyez ce qui a été dit plus haut, liv. Il, chap. i, g vin.
Grotius.
* Livre II, tit. F, ? ix.
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Corinthiens, dans Thucydide, pensent qu'il est é«jui-
lahli' i (|uc chacun punis» les siens ('*) » fiai». I . Et
Persée, dans ton discourt .1 Marcius, de< lare qu'il ne se
justifiera pas de ce qu'il avait lait <m LMojk» :
« Je l'ai tait, dit-il. de mon droit propre, puisqu'ils
Baient partie de mon royaume, qu'ils il sous :
domination » (Tite-Liyb, lib. XL1I . Mus toutes ces choses ont lieu Lorsque les sujets sont véritablement
COUpables; ajoute/, même lorsque 1 est (Imite .
('/est, en effet, en vue il.- cela qu'a ttf dis-
tribution des empires ' [Yictosja, [(de t. Uc Indu, n° 15).
(*) Il y a ceci du même poète {Mftamnrph., lit) III) : ■ Il n'est pas p« i inis à un dieu d'annuler ce qu'a fait un autre dieu. > G
(*•) Augustin dit [Dé liber arbitr., lib. Il : ■ (Vcsl faire acte de bonté, que de faire du bien IH l U MM la jwtict ne demande point qu'on
les punisse. » Suivant Proroge VandaUc, lib. I) : ■ Il est convenable que chacun exerce le pouvoir <|ui lui est échu en partage, mais qu'il ne tire pas à lui le soin des affaires Stt autres. » Gaotiis.
1 M.ii.s les souverains n'ont ce droit chacun chez soi, que quand leur* sujets sont véi iiab'emenl coupables, ou que du mom< leur crime est douteux ('..u c'est là le but de ce partait des gouvernements r. i