V II E 11, CHAPITRE Yill
Pont environné (*) : ce que je crois, parce que l'origine d'une telle loi, ou d'une telle coutume, était venue des Grecs, dont les institutions, ainsi que Denys d'ilalycarnassc et d'autres le remarquent, étaient suivies par les populations de l'Italie et les peuples voisins.
2. Mais ce n'est point là le droit des# gens proprement dit. Il ne regarde pas, en effet, la société mutuelle des nations entre elles ' ; il ne concerne que la tranquillité de chaque peuple en particulier : de là vient qu'il a pu être changé par un peuple seul, sans que les autres aient été consultés ; et même il a pu arriver que, dans d'autres lieux et d'autres temps, on ait introduit un usage commun tout à l'ait différent, par conséquent un droit des gens improprement appelé ainsi. C'est ce que nous voyons qui est effectivement arrivé depuis que les nations germaniques ont envahi presque toute l'Europe. Gomme autrefois les lois grecques, les institutions germaniques lurent reçues alors de toute part, et elles sont encore en vigueur. Le premier mode d'acquérir, qualifié de mode du droit des gens par les Humains, est l'occupation des choses qui n'appartiennent à personne. Gc mode est sans aucun doute naturel., dans le sens que j'ai dit, la propriété
(*) Un semblable consentement des nations, i>rovcnant de causes incertaines, et même en matière d'antres coutumes qui n'ont aucun rapport au droit, est remarqué par Pline; comme, de ne pas brider le cadavre d'un bonmie avant qu'il .n'ait des dents (lib. VII, cap. xvi), de se servir des caractères des Ioniens (lib. VII, cap. lvii), de faire usage des barbiers (lib. VII, cap. lis), d'observer les heures (lib. VII, cap. lx), d'avoir pour les genoux une sorte de respect religieux (lib. XI, cap. xlv), d'adorer les éclairs par des claquements de langue (lib. XXVIII, cap. n). GftOTIUS.
1 Barbeyrae reproche à Grotius de ne point avoir des idées bien nettes, ni bien constantes, sur la nature de son Droit des gens. Il l'a défini un Droit arbitraire ; mais ce qui est nécessaire pour entretenir la société entre tous les peuples, n'est pas une chose arbitraire : ils doivent l'observer indispcnsnhlemeni, en vertu de la loi de nature, soit qu'ils le veuillent, ou ne le veuillent pas. (Uahbeykac.)
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