‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 103 sur 294 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

l'empereur Dèce, Mariiius sous Valérien, cinquante autres sous Aurélieii, Victor, Maurus et Valentin, clicf des soldais sous Maximien, vers la même époque le centurion Marcellus, Sévérien sous Licinius. Gyprien dit de Laurentin et d'Ignace, africains tous deux : « Ils ont autrefois servi dans les armées de ce monde, mais ce sont de vrais soldats de Dieu, des membres de la milice spirituelle. Ils ont terrassé le démon par la confession du nom de Jésus-Christ, et mérité par leur martyre les j)almcs et les couronnes éclatantes du Seigneur. » On j)eut voir par là (jucl était le sentiment du commun des chrétiens sur la profession des armes, même avant que les empereurs fussent chrétiens.

4. Si, dans ces temps-là, les chrétiens ne prirent pas volontiers part aux procès criminels ', cela ne doit pas paraître étonnant, puisque la plupart du temps il s'agissait de juger d'autres chrétiens. Ajoutez à cela que même en toutes autres matières les lois romaines étaient plus sévères que la douceur chrétienne ne le comportait; ce. qui ressort sufhsammcnt de l'exemple seul du sénatusconsulte Silanien (*) . Mais après que Constantin eût com-

' Il y a ici, dit Barbcyrac, dans toutes les éditions, « aux supplices de mort, capitalibus suppliciis » ; mais ce qui suit montre clairement que l'aulcur a voulu dire : « capitalibus judiciis. » Il s'a^rit d'exercer l'office déjuge, et non pas d'être simple spectateiu' du supplice d'un criminel condamne à mort. — Barbeyrac cile à ce sujet un passage de Terlullien, auquel Grotius fait apparemment allusion ; « Et an militia ad fidein adinilli, ctiàm caligata, vel inferior quxque, cui non sit nécessitas immolationum vel capitalmm judiciorum {De Idoldir cap. xix).

(*) lAmpereur Adrien adoucit la sévérité de ce sénatus-consulte romme on le voit dans Spartien. On peut ajouter aux lois trop sévères des Romains, celles ([ui défendaient de recevoir le témoignage d'im esclave, à moins qu'il ne lui fut arraché dans la torture (a). Grotius.

(n) Code, liv. VI, lit. I, De servis fugitiiis, 1. 4 (B.).

mencé à accepter et ù faire progresser la religion chrétienne, l'usage des peines capitales ne tut point aboli pour cela. Bien plus, Constantin lui-niènie lit, entre autres dispositions législatives, une loi (pii prescrivait de coudre les parricides dans un sac de cuir, et ([ui se trouve dans le Code, au titre sur les individus (jui ont mis à mort leurs père et mère, ou leurs enfants'. Cet empereur cependant était d'ailleurs d'une si extrême douceur dans l'application des peines, (jue i)lusicurs historiens lui ont fait le reproche de trop d'indulgence (*). 11 eut aussi dans son armée un grand nombre de chrétiens, comme l'histoire nous l'apprend, et il inscrivit le noui du Christ sur le Labarum. C'est encore depuis ce temps-là (|ue le serment militaire a été modilié de la manière suivante, rapportée par Yégèce : « Par Dieu, Jésus-Christ et l'Esprit saint, par la majesté de l'empereur, ([ui, après Dieu, doit être pour le gem'e hunuiin un objet d'amour et de respect. »

5. De- tant d'évêques qu'il y avait alors, parmi lesquels plusieurs avaient soull'ert de très-cruelles persécutions pour la religion, on ne lit pas (ju'il y en ait eu un seul (jui ait détourné soit Constantin d'inlliger toute

' Code, liv. IX, lit. XVll, De his qui parentes vcl libéras occiderunt., L. unie. — Voir aussi : I.nstit., lib. IV, lit. XVllI, De publicis judiciis, g G; Vwu, Sentent., lib.V, lit. \\\\ (Manuaie juris synoptic, p. 84b )

(*) « Il se monlrail clément, dilZonaras, pour ceux (jui avaient abandonné la mauvaise vie, parce que, disait-il, il faut couper un membre malade e( pourri, de peur qu'il n'infecte les membres s;iins, mais non pas un membre guéri ou qui commence à guérir (a). » Voyez aussi Kusèbc (b). Ck)mme les chrétiens se plaignaieul de la trop grande douceur de Constantin, les Danois en faisaient autant de celle de leur roi Ilarauld, ainsi qu'on peut le trouver dans Saxon l'Iiistorien (cl. Cnorius.

(a) Vie de Conslantiii, in fine (B.).

(6) Vie de Conslanlin, liv. lY, cii. xxxi (B.).

(c) Saxon, te grammairien, histoire du Nord, liv. XI (B.).

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