LIVRE I, CHAPITRE II
prien et d'autres auteurs. On peut ajouter encore l'exemple des soldais de Julien, dont le progrès dans le jcliristianisinc était tel, qu'ils étaient prêts à rendre par leur mort témoignage h Jésus-Glirist. Ambroise parle d'eux en ces termes : « L'empereur Julien, bien qu'apostat, eut cependant sous ses ordres des soldats chrétiens. Lorsqu'il leur disait : Marchez au combat pour la défense de la chose publi(iue, ils lui obéissaient; mais lorsqu'il leur disait : Tournez les armes contre les chrétiens, alors ils reconnaissaient pour chef l'empereur du ciel '. » Telle avait été, bien longtemps auparavant, la légion thébaine qui, sous Dioclétien, avait reçu la religion chrétienne des mains de Zabda, trentième évè(}uq.de Jé-= rusalem, et qui, dans la suite, donna un exemple éternellement mémorable de constance et de patience, que nous rappclerons plus bas.
12. Qu'il suflise de rapporter ici les paroles de cette légion, qui expriment avec une concision substantielle le devoir du soldat chrétien. « Nous oiîrons contre n'importe
pax longa cnrruperat » (Id. De Lapsis). « Anlonino Pio imperante, pax Ecclesiis fuit, » dit Sulpice-Sévère (a) ; et plus loin : « Interjeclis deindè annis xxxviii, pax Chrislianis fuit » (6) ; et à l'époque de Constantin : « Exindè Iranquillis rébus pace perfruimur » (c) ; et au début de son histoire : « Vexaliones populi Christiani, et inox pacis tempora. n (d). . Grotius (e).
' Ce passage n'est pas de saint Ambroise, quoi qu'il lui soit attribué dans le droitcanonique, Caus.w, Quœst. \\\, c. xciv,où l'on a remarqué qu'il y en a un tout semblable de saint Augustin, sur le Psaume cxxiv, qui est aussi rapporté dans le canon xcviii. Notre auteur lui-même cite ailleurs sous le nom du dernier Père, quelque chose de semblable, liv. Il, cliap. XXVI, l 3, num. 9, dans une note. (Barblyrac).
(a) Ilisl. sacr., lib. II, cap. xxxii, nimi. i, édiU Vorst (B.). (6) Ibid., num. 2 (B.).
(c) Cap. xxxni, num. 3 (B.).
(d) Lib. I.cap. i, num. 3 (B.).
(c) Tout l'inlérèt de ces lambeaux de phrases se trouvant dans le mot par, nou» n'avons pas cru devoir les iraduire. P. P. F.
LE DROIT LE I^V GUERRE ET DE LA l'AIX.
quel ennemi, nos mains que nous considérons comme un crime de teindre du sang des innocents. Elles savent combattre contre les impies et les ennemis; elles ne savent point déchirer les personnes pieuses et les concitoyens. Nous nous souvenons que c'est pour la défense de nos concitoyens, plutôt([ue contre eux, (jue nous avons pris les armes. Nous avons combattu toujours pour la justice, pour la piété, pour le salut des imioccnts : ce furent là, jusqu'à présent, les récompenses de nos })érils. Nous avons combattu pour la foi ; et comment le la garderions-nous, — ces })aroles s'adressent à l'empereur, — si nous ne la gardons pas à notre Dieu? » Basile parle ainsi des anciens chrétiens : « Nos ancêtres n'ont pas cru (j;ue les meurtres ([ui se connncttent dans la guerre fussent des meurtres, car ils excusaient ceux qui combattent pour la vertu et la })iété. n