‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 125 sur 294 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

7. Il y a, de plus, certains peuples qui retiennent sous leur pouvoir d'autres peuples (*), lesquels leur sont soumis non moins que s'ils obéissaient à des rois. C'est de là (|u'on a pu faire l'interrogation suivante : «Le peuple Gollatin est-il maître de. lui-même?» C'est de là qu'on dit que les habitants de laCampanie, après s'être donnés aux Romains, sont passés sous une autre puissance (Tit.- Liv., lib. I) ; que l'Acarnanie et l'Amphilocliie avaient appartenu aux Étoliens (Tit.-Liv., lib. VII, XXVI, XXXII) ; que la Pérée et Gaunus avaient été sous la domination (lesIlliodicns(TiT.-Liv., XXXII; Strau., XIV); que Pydna avait été donnée par Philippe aux Olynthiens (Diod., lib.

(•) C'est ainsi que l'Ile de Salamine était sous la dépendancs des Athéniens, depuis Pliilce et Eurysace, fils d'Ajaî, comme nous l'apprend Plularque dans la vie de Solon. Cette île de Salamine fut enlevée aux Athéniens par Auguste, comme par la suite Céphalénie le fut par Adrien, d'après le témoignage de ^iphilin. Le pays d'Atarnée appartenait autrefois à Chio, suivant Hérodote (lib. 1, cap. clx), et les habitants de Samos possédèrent beaucoup de villes sur le continent, ainsi que le dit Strabon (lib. XIV). La ville d'Anactorium appartenait moitié aux Corinthiens, et moitié aux habitants deCorcyre, comme l'écrit Thucydide (lib. l, cap lv). On lit dans Tite-Live, que le traité de paix avec les Italiens perlait « ([uc la ville d'Oeniade, ville et champs, appartiendraient aux Acarnaniens. » Pline fait mention de six villes attribuées à Ilalicarnasse par Alexandre le Grand {llisl. nal., lib. V, cap. xxixj. Le même auteur (lib. XXXIll, cap. iv), (lit que l'ilc de Liiidus était la propriété des habitants de Rhodes; et vous trouvez la même assertion au sujet de la ville deCaune(lib. XXXV, cap. x). Cicéron atteste la même chose dans sa lellrc à son frère. Eutrope (lib. iV), dit (juc plusieurs villes furent données en don aux mêmes Hhodicns, pour avoiraidé les Romains dans leur guerre contre Antiochus. C'étaient des villes de la Carie et de la Lycie, que le Sénat leur relira dejtuis. Ces détails se trouvent dans les extraits de Polybe (a).

Grotius. ' • '

(a) Karlieyrac pense avec raison, «nie Grcitins pouvait se dispfinser d'apporter un si grand nonil)re d'exemples à l'appui d'une cliose assez connue. Il relève à celle occasion quelques erreurs de son auteur. C'est ainsi qu'Auguste n'aurait pas enlevé aux Atiiéniens l'ilc «le Salamine, mais l'ile d'Êgine, et .qu'Adrien aurait donne, «t non enlevé, aux liaUilanls d'Allièncs Pile de Céphalénie. Lindus n'élait pas ime Ile, mais une ville de l'ile de Uliodes. P. P. F.

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XVI). Lorsque les villes qui avaient été sous la puissance (les Spartiates lurent délivrées de cette domination, elles reçurent le nom d'Éleuterolacones (Paus., Lac). Xénoplion parle de Gotyore, ([ui avait appartenu aux citoyens de Sinope [Expcd. Cyri, lib. Y). On lit dans Strabon que Nice, en Italie, fut adjugée aux habitants de Marseille (Strab., lib. IV), et l'ile de Pithécuse aux Napolitains (lib. V). C'est ainsi que nous lisons dans Frontin que la ville de Galatis avait été attribuée à la colonie de Gapoue, et celle de Gaudium à la colonie de Bénévent, avec leurs territoires. Otlion ilt présent des villes des' Maures à la province Déti(jue' ; ce détail se trouve dans Tacite [IlistA). Tout ce qui vient d'être dit doit être nécessairement anéanti, si nous admettons ([ue le droit de gouverner est toujours soumis au jugement et à la volonté de ceux qui sont gouvernés.

8. Qu'il y ait des rois qui ne dépendent point de la volonté du peuple pris même en général, l'histoire tant sacrée que i>rot"ane en rend témoignage. Dieu s'adresse ainsi au peuple Israélite: «Si tu dis : j'établirai sur moi un roi» (Deutér. xvu, 14). Il parle en ces termes à Samuel: «Fais-leur connaître le droit qu'aura le roi (jui doit régner sur eux» (1 Sam. viii, 4). Aussi ce roi est-il dit : oint sur le peupky sur riicritagc du Seigneur, sur Israël (I Sam. ix, 16; x, 1; xv, 1; II Sam. v, 2). Salomon est appelé roi sur tout Israël [IReg. iv, 1). David rend des actions de grâces à Dieu, de ce qu'il lui a soumis son peuple (Psal. cxliv, 2). « Les rois des nations dominent sur elles, » dit le Ghrist (Luc xxii, 25). On connaît ce vers d'Horace: «L'empire des rois redoutables s'étend sur les troupeaux d'hommes qui leur appar-

' Cet exeqniile n'est point à propos, puisqu'il s'agit d'une province de l'Empire romain, qui, comme telle, nu pouvait avoir aucune autorité souveraine sur ces villes. (Uarbevrao.)

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