‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 136 sur 294 · LIVRE I, CHAriTRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAriTRE III

tés au principal (*) . Car encore que tel roi n'ait que l'usufruit dans ce patrimoine, non plus ([ue dans le droit de régner siu" le peuple qui l'a élu, les revenus toutefois lui appartiennent en propre, comme cela se pratique dans le droit civil, suivant lequel, lorsqu'on est obligé de rendre une hérédité, on n'en restitue pas les fruits, parce ([u'ils sont censés venir de la chose même, et non faire partie de l'hérédité [L. in fidcicommissarid..., § Quotiens, Dig. ad Sen. cons. Trébellian) '. Il peut donc arriver qu'un roi possède en propre le droit de commander à certains peuples, de telle sorte qu'il puisse également les aliéner ("). Strabon dit que l'île de Gythèrc, située vis-à-vis du cap Ténare, avait appartenu à Euryclès, prince des Lacédémoniens, et qu'il avait exercé sur elle un droit privé de propriété (liv. YIII). C'est ainsi que le roi Salomon fit don de vingt villes au roi des Phéniciens, Hirom, — c'est le nom que lui donne en grec Philon de Biblos, qui a traduit l'histoire de Sanchoniaton. — Ces villes n'étaient

nouveaux impôts, fit vendre dans la place publique deTrajansa vaisselle d'or, ses vases de cristal et de murrhe, ses habits d"or et de soie, ceux He sa femme, et un grand nombre d'ornements en pierreries. GnoTius.

(') Voilà pourquoi Ferdinand s'appropria la moitié du royaume de Grenade, comme l'ayant acquise des revenus du royaume de Castille, pendant la durée de son mariage; comme le rapporte Mariana, Ilistor. Hispan., lib. XXVIII. Grotius.

' Il s'agit de la loi 18, ^ 2 au Digeste, liv. XXXVI, tit. I, ad sénat. Trebell. — Les profils que l'héritier tirait des objets héréditaires ne faisaient pas partie de l'hérédité à restituer; aussi n'était il obligé de rendre ni les fruits, ni les acquisitions faites parles esclaves héréditaires, pourvu cependant que ces fruits aient été perçus et ces acquisitions faites après l'addition d'hérédité, et avant l'époque fixée pour la restitution, sauf dans tous les cas la volonté contraire du défunt. Voir Ducaurroy, Instilutes de Justinieti Iraduiles et expliquées, 7' édit., 1848, l, I, p. 557. P. P. F.

(**) Ceux qui étaient allés en Orient avec Baudoin, lui laissèrent la moitié des villes, des provinces, des impùls et du bulin dont ils se rendirent maîtres dans cette expédition. Grotius.

pas du nombre de celles qui appartenaient au peuple hébreu, car Gabul, — tel est le nom (jui leur l'ut doimé, — est situé en dehors du territoire des Israélites (Jos. XLK, '27); mais elles se/ trouvaient parmi celles que des peuples vaincus, ennemis des Hébreux, avaient possédées jusqu'alors, et ([ui, les unes, avaient été soumises par le roi d'Egypte, beau-père de Salomon, et doii^ nées en dot à ce dernier, les autres avaient été conquises par Salomon lui-même (I Rois ix, 12, IG; 1 Parai, viii, 14). Ce (pii prouve qu'à cette éj)oque elles n'étaient point habitées par les Israélites, c'est ([u'après (|uc llirom les eut rendues, Salomon ne commença (pi'alors à y conduire des colonies d'Hébreux.

4. C'est ainsi (pi'on lit (lu'IIercule donna à Tyndaréc la souveraineté de Sparte conquise dans la guerre (*), sous la condition que si Hercule laissait des entants, cette souveraineté leur serait restituée (Uiod., liv. IV). Amphipolis fut donnée en dot à Acanumte, lils de Thésée. Dans Homère, Agamemnon promet de faire don à Achille de' sept villes. Le roi Anaxagoras donna en présent à Mélampodc deux parties de son royaume (") .

(*) Le même Hercule' ayant vaincu les Dryopes. qui habitaient près (lu Parnasse, en fit présent à Apollon, comme le dit Servius, sur le IV' livre de l'Enéide. Egimius, roi des Dorions, |)ril Hercule pour allié contre les Lapitlies, et lui donna pour le récompenser de celle alliance une partie de ses États. Cyclirée, roi de Salamiiie, n'ayant |ias d'enfants, laissa par testament son royaume à Teucer. Pelée reçut d'Euryiion, roi de Phtliie, le tiers de son royaume à titre de dot. Ce (Jélail se trouve dans Apollodore. DansTite-Live (lilt I), « Proca lègue son royaume à Numitor. •> Grotius.

(**) Voyez Servius, sur la sixième égloguc. C'est ainsi (jue dans Homère Joliate donne sa fille à Belléroplion : m ai ce la moitié de imis ses honneurs royaux. » Ce ([ue Servius cxpliipio ainsi, dans son commentaire sur Virgile : « Il lui donna sa fille en mnrimje avec une partie de son royaume. » Phénix dit de Pelée : « Il me donna de nombreux peuples, pour me rendre maître des pays qui se trouvent à l'extrémité de la Fhthie, le royaume des Dolopes. n Lanassa apporta en dot à l'yrrhus,

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