LIVRE I, CHAPITRE
C'est ce que fait observer spécialement Adon au sujet de Gharleniagiie, qui voulut que son testament fût ratilié par les principaux personnages d'entre les Francs. Nous lisons un exemple semblable dans Tite-Live. Le roi 'de Macédoine, Philippe, voulant écarter Pcrsée du trône, et faire roi à sa place Antigone, lils de son frère, parcourut les villes de la Macédoine pour recommander Anligonc aux principaux citoyens (*).
2. Pour ce (pi'on lit du môme Louis le Pieux, qu'il rendit la ville de Home au pape Pasclial, cela ne fait lien au sujet; puisciue les Francs ayant reçu du i)euplc romain la souveraineté de la ville de Home, ont bien pu la rendre au même jjcuple, (|ue le pape représentait en (pielque manière, comme chef du premier ordre de l'État'.
ad Curisiacum). On peut rapporler ici le lestiiiiient de Pelage, par lequel il laissa l'Espagne à Al|)lionse et à Onnisinde; comme aussi certaines choses (pi'on trouve dans le grammairien Saxon, au sujet du Danemark. Il n'est donc pas étonnant que quelques testaments de princes aient été de nulcflel, par suite de la desapprobation du peuple; comme celui d'AIplionse, roi d'Aragon (Voyez Mariana, lih. X), et celui d'Alphonse, roi de Léon, par lecpiel il avait institué ses filles à l'exclusion de son lils (le même Mari.ma, lih. XII). ^ Grotius.
O-Voycz quelque chose de semhiabfe dans Cassiodore,' hh. VIII, épisl. ili etse(|. C'est ainsi ([ue les conventions entre Sanctius et Jacques d'Arapon relatives à la succession récipro(iue de ce royaume, furent conlirmées par les grands de l'État, au rapport de Mariana (lih. X). Cet historien dit la même chose du testament de Henri, roi de Navarre, par lequel il avait institué .lean son héritier (lih. XIll) ; et de celui d'Isabelle, reine de Castille (lih. XXVllI). Grotius.
' « Le fait dont il s'agit est faux, dit Barheyrac. On ne trouve rien lie cette prétendue donation, ni dans Aimoin, ni dans les Annales d'Lginhart, ni dans Anastase, ni dans Theganus, De ijestis Luduvici imper. Tout est fondé sur un acte supposé, dont on allègue deux copies diiïérentes : l'une, ([ue Raphaël Volaterran {Géotjrapli., lih. lll),-dit avoir lirée de la |{ihliolhc(|ue du Vatican ; l'autre qui se trouve dans le droit canonique, Dislincl. LXIll , cap. xxx. » llarheyrac ajoute (|ue ni avant Louis le Déhonnaire, ni longtcnq)s après lui, les papes n'.ivaient la sou- '• 16
242 LE DIIOIT ])E LA. GUERRIi ET DE LA PALV.
XIV. — Ce que nous avons enseigné, jusqu'à présent, qu'il faut distinguer la souveraineté d'avec la plénitude du droit de la posséder, est tellement vrai, que non-seulement la plupart des États souverains ne sont ])as possédés pleinement, nuiis encore que beaucoup d'États non souverains sont possédés en pleine pro|)riété. Voilà pourquoi les marcjuisats et les comtés sont habituellement vendus et légués par testament, avec plus de facilité que les royaumes (*).
XV. — 1 . Il y a une autre preuve de cette dilférence dans la tutelle d'un État(**), lorsque le roi ne peut à
veraineté pleine et entière tie la ville ilc Rome et de ses (lô|icn(lanccs. Knlin, revenant au passafie de Grotius, il trouve la proitosilion du pubiiciste iioilandais peu juste et liors de propos. « Il veut réfuter Iloloman, dit Barbeyrac, (jui avait aiiépué la prétendue donation de Louis le Débonnaire, comme un exemple du pouvoir d'aliéner la couronne, (ju'avaienl, selon lui, les rois des anciens Germains. Kn supposant donc ce fait véritable, comme notre auteur le reconnaît, il n'importe de ipicllc manière la souveraineté de la ville de Uomc ait passé autrefois aux rois des Francs, ni en faveur de i|ui ils s'en soient dépouillés. Il s'agirait seulement dt voir si Louis le Débonnaire avait fait cette restitution de son autorité propre, ou avec l'aiiiirobation de son jieuple. »
De nos jours, abstraction faite des con(iuétes, (pii deviennent de plus en plus rares, par l'effet du système de l'éipiilibre poliliciue, et de la fusion des intérêts internationaux, les territoires ne se donnent plus, les nations ne sont plus assimilées à l'cs clioses, et la volonté populaire est toujours interrogée comme étant la seule base lépitime des jtouvoirs |iublics. Mais pour faire retour aux néfrations de Itarbeyrac, on |ieut lire dans la mapnifuiue bistoire de France de M. Henri Martin, le récit de la donation faite par i'epin au pape Ltiennc, des villes de la Uoma^^ne, du ducbé d'Urbin et d'une partie de la marclied'Ancone. «Tel fut l'acte célèbre, dit M. Henri Martin, (|ui )daça le pontife romain parun les souverains tem|iorels, qui acbeva de lui assigner une position politique à |iart parnn les évéïpies, et qui l'aida à obtenir dans Hume, en fait, sinon eu droit, la même domination qu'il exerçait dans les vin^;t-deux cités données par I'epin. n {Histoire de France, t. II (édit. Fume, 18 ■!), p. 231)). 1'. P. F.
(*) Voyez au sujet de la principauté d'Urj/el, Mariana, bb. XII, cap, xvi.
Grotius.
(**) Voyez Cotbman, t. I, consult. \LI, num. ii. GnoTiu.s.