LIVRE I, CHAPITRE lll
vertu do la force môme du traité, confère à l'un des alliés une prééminence permanente sur l'autre ; lorsque, par exemple, l'un des contractants s'est engagé à maintenir le pouvoir et la majesté de l'autre, comme cela était stipulé dans l'alliance des Étoliens avec les Romains, — c'est-à-dire à donner ses soins à ce que la souveraineté de l'autre soit à l'abri de toute atteinte, et à cccju'on reconnaisse sa dignité, qui est désignée par le terme de Majesic. Tacite a déiini cet état en disant : c'est « le respect du pouvoir », et d explitiue ainsi sa pensée : « leurs demeures et leur territoire sont sur l'autre rive, leurs âmes et leurs cœurs sont avec nous. » Flol'us observe que « les autres peuples (lui étaient exempts du joug de Rome, sentaient cependant la grandeur du l)euple romain, et révéraient en lui le vainqueur des nations » (lib. IV). C'est à l'inégalité dont U s'agit, qu'il faut rapporter certains droits (ju'on appelle aujourd'hui droits de prolcciion, d'Avoucrie, de Mainbournie '; comme
taire de la nalion, ne tint plus son autorité de Dieu, mais du peuple. Par réaction contre le gouvernement du bon plaisir, on déplaça raulorile, et l'assemblée se substitua à la royauté, qu'elle auraildù seulement cbercl.er a modérer. Elle n'en a pas moins eu la gloire d'avoir fondé le gouvernement représentatif qui restera, quelles .[ue soient ses modifications, le gouvcrmcnt des sociétés modernes. Voir : Ducouuray, Histoire contempornine, t. 1, p. IG, 17 et 73. Sur le gouvernement représentatif, ou constitutionnel, vo^r : Vattel, Le Droit dis gens, édît Guillaumin, 1863, t. I, p 119 en note, et les auteurs qui s'y trouvent cités. Voir aussi : Léon 1-AucnER, Éludes sur l'Angleterre, 2' édit., 185G, t. II, p. 203 et suiv. ; StuartMii.l, Le Gouvernement représentatif, 1862; Latour du Moulin, Lettres sur la Constitution de 1852, 18G4;Cu. de FRA^QUEviLLE,Z.es institutions poli liq^ies. judiciaires et administratives de V Angleterre, 18GJ. 1'. P. F.
• Les éditions publiées (lu vivant de Grotius et immédiatement après sa mort, portent Mundiburgii. Barbeyiac fait remarquer que dans les dernières on a mis Mundiburdii. « De ([uelque manière qii'on l'écrive, dit le même annotateur, ce mot vient, selon quelques-uns, du vieux mot teuton Uunto, «jui signifiait défendre, protéger, et de Burde, qui veut dire charge, fardeau. D'autres le tirent d'ailleurs; mais on convient de
270 lï; droit de la guerre et de ia paix.
aussi, chez les Grecs, le droit des villes métropoles sur les colonies. Thucydide dit, en effet, que bien que dans leurs relations avec les villes métropoles, les colonies lussent sur le pied d'une égale jouissance de liberté, elles devaient cependant rendre hommage aux villesmères et leur témoigner (juelque res})ect, c'est-à-dire de la déférence et certaines maniues d'honneur.
2. Tite-Livc parlant d'une ancienne alliance entre les Romains qui s'étaient rendus maîtres d'Albe, et les Latins, originaires de cette ville, ajoute que « dans ce traité la supériorité appartenait à llome » (/i7^ /). Andronic de Rhodes dit avec raison, après Aristote, (jue le caractère particulier de l'amitié entre personnes de conditions inégales, c'est d'attribuer plus de considération à celle des deux ])arties qui est la plus puissante, et plus d'assistance à celle qui est la plus faible. Nous savons ce qu'a répondu Proculus sur la ((ueslion ([ui nous occupe. Il a déclaré ([u'un peuple est libre, lorsqu'il n'est soumis à la domination d'aucune autre nation, quand bien même il serait exprimé dans un traité d'alliance que ce peuple dcîvrait prêter ses bons offices pour maintenir la majesté d'un autre État (/. • non dubito, Dig. de Capliv. et posL, etc., § 1). Si donc le peuple obligé par une telle alliance reste libre, s'il n'est pas soumis à la puissance d'un autre, il s'ensuit ([u'il con-
\h significalion du terme, et c'est toujours une espèce de droit de proieclion. •) M. Lafeirière lire ce mot de Mund, miindkerr, tuteur, défenseur. Mund eu saxon signifie aussi paix, protection, sécurité. Les coutumes se servaient des mots Mainbournie, roun'c, udiotierie, [lour caractériser l'autorité du père et de ia mère. Le lurinc adiouric, d'advocatio, est un mot de Ijasse i;itinilé, qui significaussi pnilcdion, défense. Cette idée fit étendre à l'autorité de ia mère le nom de mainlinurtiie, mais sans ([u'elle eût cependant le droit d'usufruit i|ui tenait à la puissance piiternelle. Voir L\FF.itRif;RE, Essai sur l'itislnire du droit français, 185'J, 2'édit., t. I, p. 130 et suiv. P. P. F.