‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 154 sur 294 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

elTet de même que s'il avait ce droit. C'est ainsi que les prièi'cs des rois sont souvent considérées comme, des commandements, et que les malades commandent aux médecins '. « Avant ce consul ^ (G. Postliumius), dit Tite-Live, personne n'avait chargé les alliés, et ne leur avait causé de la dépense. On donnait aux chefs militaires des mulets, des tentes, et tout le bagage nécessaire à la guerre, aliii qu'ils n'ordonnassent pas aux alliés de leur en fournir » (lib. XLII).

10. Il est vrai cependant que le plus souvent, celui (jui a la supériorité dans l'alliance, s'il surpasse de beaucoup les autres en puissance, usurpe peu à peu le pouvoir proprement dit. Gela arrive surtout si l'alliance est perpétuelle, et si le supérieur a le droit d'établir des garnisons dans les places, comme le hrent les Athéniens, lorsqu'ils eurent laissé les alliés en appeler à eux ; ce «|ue les Lacédéinoniens n'ont jamais tenté ^. Isocrate

• Il y a d.iiis l'original: « et œgroti imperare medicis n c'est-à-dire i\»c les malades commandent aux médecins. Barbeyrac suppose ([ue (JnoTius a fail allusion à une laçon de jiailer en usage chez les anciens Houiiiins qui, conformément aux mœurs de leur temps, regardaient les médecins, dont la |dupiirt étaient esclaves ou affranchis, comme autant de serviteurs des malades. Voir notamment, au Digeste, la loi 26 De opctis libcrtorum, (jne Gronovius cite à ce sujet. Lîarbcyrac toutefois « suivant en cet endroit ce que l'auteur aurait du dire, plutôt que ce qu'il a dit,» traduit ainsi ce passage: « C'est en ce sens qu'on dit que les prières d'un loi sont des commandemenls, et les conseils d'un médecin, des ordonnances. » La version de Barbeyrac se c-imprend mieux.

2 Les idées ne s'enchaînent pas ici. Il y a évidemment une liaison qui manque. Barbeyrac, dont la traduction est beaucouj) plutôt une paraphrase, y sujjplée par la proposition suivante : « Il faut donc entendre ainsi ce que dit Tite-Live au sujet du consul L. Posthumius, etc. »

3 Grotius a cru apparemment avoir lu ce qu'il rapporte dans Isocrate, qu'il cite un peu plus bas. Cependant, bien loin qu'il y ail rien de semblable dans cet orateur grec, il soutient au contraire, ([u'en matière de la

compare à une royauté rautorité que les - Athéniens exerçaient en ce temps-là sur leurs alliés (IIal., lib. VI)'. Les Latins de même se plaignaient de ce que sous l'ombre d'une alliance avec Rome, ils subissaient un esclavage (*) (TiTE-LiYE,lib. XXXIV) ; les Etolicns, de ce qu'ils n'avaient qu'une vainc apparence, ([u'un nom stérile de liberté [hl. lib. XXXIV); et depuis eux les Acliéens disaient que « leur alliance n'en avait (jue l'apparence, étant, en effet, un véritable esclavage. » Dans Tacite, le Batave Givilis se plaint des mêmes Romains, fjui « ne traitaient plus, comme ils faisaient autrefois, ceux de sa nation en alliés, mais comme des esclaves » {//wfor,, lib. IV). Dans un autre endroit il est dit « (ju'un misé-"

chose tionl il s'yj^il, et de plusieurs autres dont on nccusc les Athéniens, les Laccdcmoniens ont fait bien pisiju'eux (Oral. Panathen).

(Rarbeyiug.)

' Grotius cite ici Denys d'IIalycarnassc ; mais les propres termes dont il se sert se trouvent, à un mot près qu'il a omis, dans Tite-Live (lib. Vlll, rap. IV, 1). (Barueyrac.)

(*) Plutaniue dit d'Aralus, qu'on l'accusait d'avoir doimé aux villes de l'Achaïe de véritables niailies, qu'il appelait par adoucissement leurs alliés (n). Vocula se scit dans Tiicilc [IHsIor., lib IV) du mol « ùc joug léger. » Festns Rufus remarque à propos fies Rhodiens « qu'ils vivaient d'abord dans la liberté, mais qu'avec le temps ils s'accoutumèrent à obéir aux Romains, qui les y enga^^èrcnt par leur douceur. » César, après avoir parlé de quelques peuples comme amis et clients des fiduens, rappelle ensuite qu'ils Turent dominés. On peut ajouter, ce ([ue disent Frédéric Mindanus (De Processibits, lib. II, cap. xiv, 3) Ziégler (^ Lanâsassii, 86), Gailius(lib. Il, Obserr. i.iv, G). Voyez Ai^atliias, lib I, dans l'endroit où l'on représente aux Goths ce ([u'ils doivent attendre des Francs, avec le temps (b). Grotius.

(o) Le style de Grotius est lellonicnt laconinuo au commencement de cette note, que nous avons dû rctourir il la i);iiai)lirasu (le Itiirlieyrac. P. P. F,

(6) Dans le passago des Mémoires de César, il n'est point ])arlé d'amitié

L'endroit d'Agatliias est au cli;i|i. xi du livre cilo, i-t là, il n'y a point de représent.ilion faite aux Gollis; mais c'est un piiucc f^otli, ipii voulant se ranger au parti des Romains, s'y d^lunnine par la considération de l'état de servitude auipiel il voyait que sa nation allait cire réduite par les Franrs, .sous ombre d'alliance et de protection. 'B.vrdetkac.)

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