‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 160 sur 294 · Il est vrai que tous les hommes ont-naturel · texte numérisé non relu

Il est vrai que tous les hommes ont-naturel

• ' (lotlf, lib. XII, lil. XIJ, De meinlis cl Epidemeticis, l. V.

Iciiient, comme nous l'avons dit plus haut, le droit de résister pour repousser l'injure qui leur est faite. Mais la société civile ayant été établie pour maintenir la tranquillité, l'État acquiert d'abord sur nous et sur ce qui nous appartient, une sorte de droit supérieur, autant que cela est nécessaire pour cette lin. L'État peut donc pour le bien de la paix publique et de l'ordre, interdire ce droit comnmn de résistance; et il ne faut pas douter qu'il ne l'ait voulu, puisqu'il ne pourrait autrement atteindre son but. Car si ce droit comnmn subsistait dans chacjue particulier, ce ne serait plus une société civile; ce serait une multitude désordonnée, semblable à celle des cyclopes, où «chacun j^ouverne sa famille et règne sur sa femme et sur ses enfants, » « troupe confuse où personne n'obéit à un autre (*) » (Euripide, iu Cyclop.). Telle était aussi celle des Aborigènes, que Salluste nous représente comme une race d'hommes grossière, sans lois, sans gouvernement, libre et désunie. Le même auteur, dans un autre endroit, dit la même chose des Gélules, qui n'étaient régis ni par des mœurs, ni par des lois, ni'par l'autorité de personne.

2. Ce que j'ai dit est l'usage de toutes les nations. « C'est un accord général de la société humaine, dit Augustin, 'd'obéir à des rois. )m(11 est roi absolu, dit Eschyle, et ne dépend de personne. »« Ce sont des rois, lit-on dans Sophocle : il faut leur obéir; pouniuoi ne le ferait-on pasl »«0n doit subir, dit Euripide, les erreurs de ceux qui gouvernent. » Ajoute/, ii ces citations le passage de Tacite que nous avons cité plus haut à ce propos, et la pensée suivante du même auteur : « Les dieux ont donné au prince la direction suprême des choses; la gloire d'obéir a été réservée aux sujets. » On peut citer

(*) Valérius dit la méiiic cliosc des Bébrycicns : « Ils n'observent aucunes lois ; aucun droit ne s'impose à leurs voioiilcs pour les rendre pacifiques, n Grotius.

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