‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 162 sur 294 · LIVRE 1, CHAPITRE lY · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE lY

obligation de ne pas résister (*). Aussi est-il ajouté que le peuple opprimé par ces injustices implorerait le secours de Dieu, parce qu'il n'y aurait aucun secours humain à espérer. Cela s'appelle donc un droit, de la même manière que l'on dit que le prêteur fait droit, lors même qu'il rend une décision injuste {Dig., l. jus pluribus...; Tit.dejuslit.etjure)K

IV. — 1 . Lorsque, dans la nouvelle alliance, le Christ prescrit de rendre à César ce qui est à César, il a donné à entendre aux disciples-de sa loi qu'ils doivent aux puissances souveraines une obéissance non moins grande, sinon i)lus i)arraitc, et, s'il le faut, accompagnée d'autant de patience (jue celle à laquelle étaient obligés les Hébreux envers leurs rois. C'est ce f[u'explique avec plus de développements son excellent interprète, l'apôtre Paul, (pii, décrivant en détail les devoirs des sujets, dit entre autres choses : « Celui qui résiste aux puissances,

(les boulangères. Il jireiKlra aussi vos champs, vos vignes, et les terres où sont vos bons oliviers, et il les donnera à ses serviteurs. Il donnera ce que vous aurez semé et ce que vous aurez vendangé, et il le donnera à SCS eunuques et à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, l'élite de vos jeunes gens et de vos ânes, et les emploiera à ses ouvrages. Il dimera vos troupeaux et vous serez ses esclaves » (1, Rey., cap. VIII, î< Il à 17). De Cnurlin et Barbcyrac font remarquer que la pensée de S.imuel n'est point d'établir les droits du roi, mais seulement de représenter au peuple les malheurs auxquels il serait exposé par l'abus ([ue les rois feraient de leur pouvoir et de leurs forces. 1*. P. F.

(*) Voici ce que Philon fait dire aux Juifs : « Quand nous sommes nous rendus suspects de révolte ? Tout le monde ne nous a- t-il pas toujours regardé comme des amis de la paix? Nos habitudes ne sont-elles pas irréprochables, et ne tendent-elles pas à l'utilité et à la tranquillité publique ?» (fn Fiaccum). . Grotius.

Grotius dit dans son texte : « qui emporte obligation de ne pas résislcr.. n Barbcyrac ajoute avec iilus d'exactitude historique: «Ou pliilôt l'impuissance physique de ré.><isler. » P. P. ^^

< Il s'agit d'un acte qui, juste ou non, a quelque effet de droit. « Frœtor quoque jus reddere dicitur, eliam qiium inique decernil » (l)itj. de jHstit. et jure, lib. I, lit. I, I. II). P. P- t'-

résiste à une institution de Dieu (Rom. xiii, 2); et ceux qui s'y opposent, attireront la condamnation sur euxmêmes.» Puis il ajoute : «Le prince est le ministre de Dieu, pour vous favoriser dans le bien. » Et plus loin : « Aussi est-il nécessaire de se soumettre, non-seulement par la crainte de sa colère, mais au8si par le devoir de la conscience. » L'apôtre comprend dans cette soumission l'obligation de ne pas résister, et non-seulement celle qui provient de la crainte d'un plus grand mal, mais encore celle qui découle du sentiment de notre devoir envers les hommes et envers Dieu. 11 en donne deux raisons : la première, c'est que Dieu a approuvé cet arrangement qui remet aux uns le commandement, et soumet les autres à l'obéissance; il l'a api)rouvé autrefois dans la loi hébraïque, et maintenant (hins l'Évangile. Aussi devons-nous considérer les puissances publiques comme si elles avaient été établies par Dieu lui-même. Nous nous approprions, en effet, les choses que nous appuyons de notre autorité. La seconde raison, c'est que cet arrangement est favorable à notre intérêt.

2. Mais, dira-t-on, il n'y a point d'utilité à subir des injures. A cela d'autres répondent d'une manière plus vraie, suivant moi, que conforme à la pensée de l'apôtre, que ces injures elles-mêmes nous sont utiles, parce qu'une telle patience ne manquera pas d'être récompensée. Il me semble que l'apôtre a eu en vue le l)ut général que cet arrangement doit atteindre, et qui est la tranquillité publique (*) dans laquelle celle des particuliers se trouve comprise. Il est même hors de doute «jue, la plu- ■part du temps, c'e&t la protection des puissances publiques qui nous procure cet avantage; car personne ne se veut du mal à soi-même, et le bonheur de celui ({ui gouverne

(*) Chrysoslômc dit avec raison que le prince travaille de concert avec ceux qui prêclicnt l'Évangile... Il polil avec la lime, ce que lu enlèves avec le rabot. Gkotius.

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