LIVRE 1, CHAPITRE IV
demandait k un jeune homme d'Éiétrie, qui avait longtemps fréquenté l'école de Zenon, ce qu'il y avait appris. 11 répondit : « A supporter la colère de mon père. » Justin dit de Lysimaque, « qu'il endura avec grandeur d'âme les mauvais traitements du roi, comme si c'étaient ceux d'un père» (Lib. XV). On lit dans Tite-Live «qu'il faut calmer les rigueurs de notre patrie, comme on adoucit celles d'un père, en les endurant et en les supportant » (Lib. XXVII). «11 faut subir l'humeur des rois,» dit Tacite [Annal., lib. XII); et ailleurs : « On doit souhaiter de bons princes, mais les supporter, quels qu'ils soient» [llist. lib. IV). Glaudien loue les Perses, de ce (]u'ils «obéissaient à leurs maîtres, quoique cruels. »
V. — 1. Excelleule interprète de la Loi, la conduite des anciens chrétiens (*) ne s'éloigne pas de ce précepte du Seigneur. Car bien que souvent de très-détestables hommes aient gouverné l'empire romain, et qu'il n'ait pas manqué d'individus qui se soient soulevés contre eux sous le prétexte de délivrer la république, jamais cependant les chrétiens ne se sont unis à leurs efforts. Il est déclaré dans les constitutions de Clément, que « c'est un crime de résister à la puissance d'un roi. » « D'où sont sortis, s'écrie TertuUien, dans son Apologie, les Cassius, les Niger, les Albinus? D'où viennent ceux qui attaquent un empereur entre deux lauriers? D'où, ceux qui l'étranglent dans un exercice de lutte? D'où, ceux qui forcent le palais les armes à la main, plus audacieux que tous les Sigère (**) — (c'est ainsi que s'exprime formellement
(*) A cela se rapportent le canon xviii du concile de Chalcédoine ; renouvelé dans le canon iv du concile tu Trullo ; le IV* concile de Tolède; le Capitulairc II de Cliarles le Chauve, m villd colonid; le V* canon du synode de Soissons. Grotius.
(**) « Ceux qui firent complot pour le tuer, — dit Xiphilin sur Domitien, — furent Partiiénius, chef tics esclaves préposés à sa chamhre à coucher, el Sigéi ius — non Sigcrus, — ijui était du nombre de ces esclaves, n
.'{02 LE liUOlT HE LA UllERRE ET DE LA l'AlX.
le manuscrit qui se trouve entre les mains des très-diSf tingués et jeunes MM. Dupuy), — que tous les Parthénius? Ils sortent des rangs des Romains, si je ne me ti'ompe, c'est-à-dire des non chrétiens. » L'allusion faite à l'exercice de la lutte, se rapporte à l'assassinat de Commode, accompli de la main d'un athlète, sur l'ordre du préfet i^lius La3tus; et cependant personne peut-être n'a été plus scélérat que ce prince. Parthénius dont Tertullien maudit également le crime, était celui qui avait mis à mort l'exécrable empereur Domiticn. Tertullien leur compare le préfet du prétoire Plautianus, (|ui avait voulu tuer dans son palais Septime Sévère, prince fort sanguinaire. Pescennius Niger en Syrie, Glaudius Albinus dans la Gaule et dans la Bretagne, s'étaient armés contre le même Septime Sévère, sous le prétexte du dévouement pour le bien de l'État. Mais leur action déplut aux chrétiens : ce dont se vante Tertullien dans son traité à Scapula. « Nous sommes accusés do lèse-majesté, dit-il, et cependant on n'a jamais pu trouver des chrétiens pa4'mi les partisans d'Albinus, de Niger ou de Cassius. » Ces derniers étaient ceux ([ui avaient suivi Avidius Cassius, homme de mérite, ([ui donnait pour motif à sa levée d'armes en Syrie, le désir de rétablir les atfaires publiques ruinées par la négligence de Marc Antonin. 2. Ambroise ', quoique persuadé que non-seul»nient sa
Martial s'exprime ainsi: « Tn ne |)arles que des Sitîérius el des Parihénius » (a) (iib. IV). Le nom de Sigcrius était corrompu non-seulement dans Tertullien, mais encore dans Suôlonc, oii il y a Salurius, et dans Auréiius Victor, communément ainsi appelé, où on lit Caspériiis {b).
GnoTius.
' Dans la première édition, il y a, avant ce que Grotius dit ici de saint
(a) Martial critique dans ce vers les uianières d'un lioninie qui voulait passer pour courtisan. f". P. F.
(6) Partliénius, préposé au service de la chambre... Saturius, décurion des valets de chambre. . . Voir : Suétone, vie de Doniitien, cap. xvi, xvii ; traduction de Baudenient, collection Nisard, 184.'), p. /(.")2 et A,'>3. P. P. K.