‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 167 sur 294 · LIVRE 1, CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE IV

personne, mais aussi son troupeau, et le Christ auraient à subir des mauvais traitements de la part du fils de Valentinien, ne voulut point profiter, pour résister, d'un mouvement du peuple soulevé. «Opprimé (*), a-t-il dit, je n'ai pas appris k opposer de la résistance; je pourrai souffrir, pleurer, gémir ;' contre les armes, les soldats, les Gotlis eux-mêmes, mes pleurs sont mes armes. Telle est la seule déleiise des prêtres. Ni je ne dois, ni je ne puis résister autrement» [Orat. in Auxent., lib. V). «On exigeait de moi, ajoute-t-il plus loin, que j'apaisasse le piHiple. Je répondais (ju'il m'appartenait de ne pas le soulever, mais qu'il était dans la main de Dieu de le calmer.» Le même Ambroise refusa d'employer les troupes de Maxime contre l'empereur, (jui était cependant Arricn et persécuteur de l'Église (Théodoret, Hist. ecclés:, lib. V, c. xiv) '. C'est ainsi que Julien l'Apostat tramant

Ambroise, un passage de saint Cyprien, que l'auteur retrancha appa- ■ remment, parce qu'il le citait plus bas, g vu, n' 9, en note, où il est aussi rapporté plus exactement. (Barbeyrac).

(*) Gratien a inséré ces paroles dans le droit canonique, Caus. xxiii, Quxst. VIII. « Vous voulez, diljle même Ambroise (Epist. xxxiii), me mettre dans les fers ? Je le veux (o). Je ne me retrancherai pas derrière la foule qui m'environne. )i Grégoire le Grand a imité ce Père (Epist., lib.VIII) : « Si j'avais voulu participer à la mort des Lombards, cette nation n'aurait aujourd'hui ni roi, ni ducs, ni comtes, et elle serait dispersée en grand désordre. » Grotius.

« Darbeyrac cite ici une page historique écrite par Bayle, sur des circonstances dont l'abbé Flécbier et le Père Maimbourg convenaient, le premier daiis sa vie de Théndose, l'autre dans son Histoire de VArianisme, et qui prouve que saint Ambroise lui-même croyait à la possibilité de résister aux souverains. Les faits dont il s'agit constituaient un acte éclatant de résistance, dont ce grand saint aurait dû s'abstenir selon les

(a) Nous avons prévenu déjà que nous suivons exactement le texte de Grotius, nous asservissant à la plus rigoureuse exactitude, pour faire connaître mot pour mot cet auteur, si souvent cité et si'eu lu. Le texte d'Ambroise est toutefois ainsi rétal)li par Barbeyrac : . rullis in vincula raperef Fullis in mortem? Foluplati est mihi, etc. .. •> p.. p. F;

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de pernicieux desseins contre les chrétiens, lut retenu par leurs larmes, d'après le témoignage de Grégoire de Naziance, qui ajoute que « c'était là le seul remède qu'ils eussent contre ce persécuteur» [Oral. /, in Julianum). Son armée pourtant était presque toute conq)osée de chrétiens. Ajoutez à cela que, suivant l'observation du même Grégoire de Naziance, cette cruauté de Julien ne s'exerçait pas seulement contre les chrétiens, mais qu'elle avait même exposé l'État aux plus grands périls. Voici de plus un passage d'Augustin, où ce Père explique ainsi les paroles de l'apôtre aux Romains : « Il est nécessaire pour le bien de cette vie ipic nous soyons soumis, et ((ue nous ne résistiojis pits, si ceux qui nous gouvernent veulent nous dépouiller de (juchiue chose» [Propos. 74).

VI. — 1. Il s'est rencontré dans notre siècle des hommes certainement instruits, mais ([m trop asservis aux temps et aux lieux, se sont persuadés à eux d'abord, — je le crois, en elVet, ainsi, — i)uis ont persuadé aux autres, que ce qui vient d'être dit n'avait lieu ([u'au regard des personnes privées, mais ne touchait pas les autorités inférieures (*), ([u'ils Considèrent connue fondées en droit à résister aux injures de celui qm tient dans ses mains le pouvoir souverain. Ils pensent même qu'elles se rendraient coupables d'une faute, si elles s'abstenaient de résister. Cette opinion ne d(jit pas être admise. Car, de même qu'en matière de logi([ue, une espèce intermédiaire, si vous considérez le genre, est

principes même de ceux qui n'élendent pas si loin l'autorité des rois, cl qui la réduisent à ses justes Ijornes (Hùt. de Tliéodose, iiv. III, n° 52 et suiv. ; critique t^énérale de l'histoire du calvinisme, de M. Maimliourg, Ici. XXX, g 2, 3, p. 275 et suiv., :]« édit.). P. l\ V.

(*) Pierre Martyr, sur le cftap. m du livre des Juges ; Parae\is, sur le XIII* chapitre de V l'jpître aux llomains ; Juniiis-I{rulus ; IJanaeus, lib. VI, Poii'M'corum,- et d'autres. Gkotius.

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