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Luie espèce; et, si vous envisagez l'espèce qui lui est inférieure, est un genre {*) ; de même les magistrats subalternes sont des personnes publiques, eu égard à leurs subordonnés, mais ne sont que des particuliers, si on considère leurs supérieurs. Toute la faculté de commandement (|ui appartient aux magistrats est tellement dépendante de la puissance souveraine, que ce qu'ils font de contraire à la volonté du souverain est dépouillé d'autorité, et par conséquent doit être considéré comme un acte privé. C'est égalemeiit ici le lieu de citer ce que disent les philosophes, ([u'il n'y a point d'ordre qui ne renferme un rapport à (|uel(jue ciiose de premier (Averroès, V, Mctapli., Coin. G).
2. Ceux qui pensent autrement me paraissent vouloir mettre les choses de ce monde dans un état semblable à celui qui, suivant la fable, avait existé dans le ciel avant (jue la majesté souveraine y fût introduite. Dans ce temps-là, les anciens nous disent que les dieux inférieurs ne le cédaient pas à Jupiter. Mais cet ordre dont j'ai parlé (**), cette subordination, ne se découvre pas seulement par le sens commun qui a uispiré cette pensée : «Tout royaume relève d'un royaume plus puissant; » et ces vers de Papinius : « Tout gouverné est gouverné à
(*) « Genre spécial, » dit Sénèque, Epist. lviii (a). Grotius.
{**) C'est ainsi que, dans une famille, le père est le premier ; ensuite vient la mère ; puis les enfants; après eux les serviteurs ordinaires; enfin les serviteurs auxiliaires. VoirClirysostôme, sur la 1" Epit. aux Corinthiens cap. XIII, 3. GhOTius.
\a) Vdici le passage de Sénf'qiie : i Ce qui est, est wrporel ou incorporel. Voilîi iloiic le gi-nre i)ritnordial, antérieur et pour ainsi dire générique; tous les mitres sont bien di'S genres, mais spéciaux. Ainsi l'honimeest genre, carilCDmpreiid en soi les nations de toute es)»fce. Grecs, Romains, Partlies; de toutecouleur, blancs, noirs, cuivrés; il comprend les individus, Galon, Cicéron, Lucrèce. En tant qu'il contient des espt^ces, il est genre ; comme contenu dans un autre, il est 'jspèce. Le genre générique, ce qui est, n'a rien qui le domine ; principe des clioses, il les domine toutes. » {Œuvres complètes de Sénèque, le philosophe, traduct. et édit. cit., t. II, p. 132 et <33). P. P. F. 1. 20
son tour; » et ce mot célèbre d'Augustin f) : « Considérez les degrés des choses humaines : si l'intendant a donné quelque ordre, il faut l'accomplir, à moins cependant que le proconsul n'ordonne le contraire; il en est de même lorsqu'un consul commande une chose et l'empereur une autre. Ce n'est pas qu'alors tu méprises la puissance à laquelle tu désobéis; mais tu choisis d'obéir à l'autorité supérieure, et la puissance subalterne ne doit pas s'irriter, si celle (jui est au-dessus d'elle a été préférée» [C. qui rcsistit., XI, quxsl. 3). Le même Père dit de Pilalc, que « le pouvoir <jue Dieu lui avait donné, ne l'empêchait pas d'être soumis aussi à la puissance de César » {Ad Johan.).
3. Cette subordination est prouvée encore i)ar l'autorité divine. Le prince des apôtres veut, en ellet, que nous soyons soumis autrement au roi, autrement aux magistrats : au roi, comme à la puissance suprême, c'est-à-dire sans aucune réserve, à l'exception des choses directement commandées par Dieu, (jui approuve la patience à souffrir les injures, et ne l'interdit pas; aux magistrats, comme à des envoyés du roi, c'est-à-dire à des hommes qui tiennent du roi leur pouvoir (I Ep. ii, 13). Lorsque Paul veut que toute âme soit soumise aux puissances supérieures, il a compris dans son précepte même les magistrats subalternes. Au sein du peuple hébreu, dont t.int de rois se sont placés au-dessus du droit divin et humain, il ne s'est jamais trouvé de magistrats inférieurs, — parmi lesquels il y a eu un si grand nombre d'hommes pieux et courageux, — ([ui se soient arrogés le droit de résister aux rois par la force, ;i moins qu'ils n'en aient reçu le mandat spécial de Uieu, dont le pouvoir suprême s'étend sur les rois. Tout au contraire, Samuel
(') Augustin dit à peu près les mêmes choses dans le sermon vi, /n Verho Domini. Grotius.
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enseigna quel doit être le devoir des grands, lorsqu'en présence de ces derniers et du peuple, il rendit ses hommages ordinaires à Saiil, qui avait déjà commencé à mal gouverner (Psam. xv, 30).
4. Les affaires de la religion publique dépendirent toujours de la volonté du roi et du sanhédrin. Que si, après le roi, les magistrats et le peuple promettaient de demeurer iklèlcs à Dieu, cela doit s'entendre autant qu'il était au pouvoir de chacun '. Nous ai'avons jamais lu que les statues des faux dieux, (jui étaient exposées en public, aicjit été renversées autrement que par ordre du peuple, lorsqu'il était gouverné républicainement, ou par celui des rois, lorsqu'il y en avait. Que si quelque; Ibis on a l'ait usage de la violence contre les rois, cela est raconté comme un effet de la Providence de Dieu, ([ui le permettait ainsi, et non pour en approuver l'action dans les hommes.
5. Les auteurs qui soutiennent l'opinion contraire, citent habituellement le mot de Trajan, au 'moment où il remettait un poignard entre les mains du préfet du prétoire : « Sers-t-en pour moi, si je gouverne bien, si je gouverne mal, contre moi^. » Mais il faut savoir que Trajan, comme cela ressort du panégyrique de Pline, tâchait avant toute chose de ne rien laisser paraître qui rappelât la puissance royale, et d'agir en simple chef de
* C'est-à-dire que raltachemcnl que tout Israélite devait avoir pour sa religion, n'oijliyeait ni les particuliers, ni les magistrats subalternes, à s'ériger de leur autorité privée en iconuclastes, ou à s'opposer de quelque autre manière violente aux faux cultes, introduits ou tolérés par le roi, parce que c'aurait été empiéter sur ses droits. Mais ce n'est pas de ces sortes de cas qu'il s'agit ici.
(Barbevrag.)
2 C'est Xipliilin qui a conservé ce mot dans son Abrégé de Dion T^assius, bi vitâ Trajan., p. 248, Ed. II. Sleph. Voyez encore Zonare, dans la vie du même empereur, t. II de ses annales ; et Pline, Pan^gi/r., cap. lxvii, n" 8, comme aussi Cassiodore, Var., vui, 13. (Barbeyrac.)
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l'Étal (*), soumis par conséquent au jugement du sénat et du peuple, dont les arrêts devaient être exécutés contre le prince lui-même par le préfet du jirétoire. . Nous lisons quelque chose de semblable de Marc-Antonin, qui ne voulut pas toucher au trésor ])uljlic, avant d'avoir consulté le sénat (Dion Gassius, lib. LXXI). , VII. — 1 . Une question plus grave est celle de savoir si l'obligation de ne pas résister nous lie dans un trèsgrand et très-évident danger. Car certaines lois, même parmi celles de Dieu, quoi([ue conçues en termes généraux, reniérment en elies-nièmes une e\(;cplion tacite pour les cas d'extrême nécessité. C'est ce qui lut décidé par les docteurs juils, au sujet de la loi du sabbat, du temps des Hasmonéens, et ce (pii clomui lieu à ce mot célèbre : « Le péril de la vie met obstacle au .sabbat '. » Aussi un Juif, dans Synésius, molive-t-il la violation de la loi du sabbat, en disant : « Nous nous sommes trouvés exposés à un danger de mort imminent. » Cette exception a été approuvée par le Christ lui-même , à propos également d'une autre loi qui défendait de manger les paijis de proposition '•^. Les
(*) C'est la conduite que tinrent depuis, ;i son imitation, IVrlinnx et Macrin, dont on peut voir les belles iiaian^'ucs dans Hcrodicn. GnoTiiis.
' Voir le livre I des Machabées. cbap. ii, vers. 41. Depuis ce temits-là, l'upinion commune des Juifs fui qu'il n'ctail pas permis d'attaquer l'ennemi un jour de sabbat, mais qu'un pourrait bien su dciendre. Voir, Josèphc.idnti^. y)(d., lib. XIV, cap. vin. Il est fait allusion ii cela dans l'Évangile selon saint Marc, cbap. m, ,^ 1, verset 4 : « Puis il leur dit; Il Rst-il permis au jour du sabbat de faire du bien ou du mal; de sauver la vie, ou de l'ôterV Kl tous demeurèrent dans le silence. » I.e jour du sabbat n'einpéclia pas le divin maître d^ guérir» la main sccbe » en dé|iit des pbarisiens. l'. P. F.
2 Les' pains de proposition élaiint ceux ([ui étaient déposés sur la table du sanctuaire. « En ce temps là, dit l'Évaujjilc scion saint Mattbieu, Jésus passait le long des blés, un jour de sabbat, et ses disciples ayant faim, commencèrent à rompre des épis et à en manger. — Ce que voyant les pbarisiens, ils lui dirent : Voilà vos disciples qui font ce qu'il n'est