LIVRE I, CUATITRE IV
ravaiit ils s'étaient trouvés sous la domination de Darius. Que si les Juifs, de temps en temps, reçurent la permission d'exercer i)ubliqucment leurs rites et de suivre leurs lois, ils le durent à la bienfaisance des rois, à titre précaire, et non à quelque clause expresse concernant leur gouvernement. Rien donc ne met à couvert les Macliabées, si ce n'est l'innninence d'un péril extrême et évi- <lent, tant qu'ils demeurèrent, bien entendu , dans les bornes de la défense, (ju'à l'exemple de David ils' se retirèrent dans les lieux écartés, pour y clierclier un asile, et (ju'ils ne se servirent des armes que lorsqu'ils étaient attaqués.
(). Il y a toutefois cette précaution à prendre, que même dans un semblable péril il faut épargner la personne du roi. Ceux qui pensent que David en usa ainsi, non pour satisfaire à un devoir indispensable, mais par le zèle d'une plus grande perfection, ceux-là se trompent. Car David lui-même déclare formellement qu'on ne peut être innocent quand on a porté les mains sur son roi (I Sam. xxvi, 9). Il savait, en effet, qu'il est écrit dans la loi : « Tu ne médiras point des dieux — c'est-à-dire des juges suprêmes,— ni du prince de la nation » (Exode, XXII, 28) ' (*). La mention spéciale qui est faite dans ce passage des puissances éminentes, montre qu'il y a là
' Groliusn'avail point indiqué : « Exode x\u, 28, » mais Pcutéro nome xxir, 28. — Nouîî avons cm devoir rectifier dans le texte. '
{*) Joal), dans Josèpiie, dit à Séméï ; « Ne mourrais-tu pas, toi qui as osé parier mal d'un roi établi de Dieu? » (a). Grotius.
(a) Ce n'est pas Joab, mais Abisaï, fils de Tséruja, et frère de Jpab, qui dit cela; et je ne sais pourquoi l'auteur a mieux aimé citer ici Josèphe que l'historicii sacré du W livre de Samuel, où il y a : Est-ce que Séméi ne mourra pas pour ces paroles, puisqu'il a mal parlé de l'oint du Seigneur? ► (II Reguvi cap. XIX, ver. 21.) 6. (Bardeykac.)
(6) Non» iTons rétabli ce texic. que Barbejrae avili modifié luI-rnSme. p. p. F.
quelque -précepte particulier. Aussi Optai de Milève ditil à propos de cette action de David, « qu'il était retenu parle souvenir des coinmandemenls de Dieu» (*) (lib. II); et prêle-t-il les paroles suivantes à David : « Je voulais vaincre mon ennemi, mais il vaut mieux observer les commandements divins.
7. Quant aux calomnies, il n'est i)as permis d'en répandre même sur le compte d^un particulier , et l'on doit s'abstenir aussi des médisances contre un roi, i)arce que, comme le dit l'auteur des problèmes qui portent le nom d'Aristote : « Celui qui dit du mal du chef de l'État, outrage l'Etat » (**) (Sect. XXIX). Que s'il ne faut pas l'offenser de bouche ', il est certain (lu'on doit bien moins
(*) Josèphe (lit de David : « Frappe iiussilol par le repentir, il s'écria que c'est une action injuste, celle de tuer son maître. » lit riiistoricn ajoute bientôt après que « c'est une chose horrible de tuer un roi, quelque méchant qu'il soit; » et que « celui qui commet un tel crime, en sera puni par celui qui a dunnv le roi » (a). Grotius.
(**) Julien dit que « les lois ^ont sévères dans l'intérêt des princes; en sorte que celui qui fait quelque outrage à un prince, foule aux pieds les lois de gaité de cœur » [In ilisopog.) (b). Grotius.
' « Il est certain, dit avec raison Darbeyrac, qu'on ne doit pas légèrement dilFamer les puissances, toutes les fois (lu'clles ont commis des fautes, et abusé de leur pouvoir en quelque manière. I.a même raison qui oblige à sujjporler leurs injustices jusqulà un certain point, engage aussi à épargner leur réputation, pour ne pas donner lieu au mépris de
(a; Voici quel est le lextc des derniers mots de la note de Groiius : • Pœnam enim id/acienti imminere ab eo qui rcgem dcdil.» Les dernières paroles du pus.^ai^e, dit liiirhcyiac, sont loiit à fait mal liiuliiiies. Elles sij^niltL'nt clairement (]ue le roi méchant sérail pitni par celui qui lui avait donné la puissance royale... Vuilà un sens bien difféiunl, tl je sijs tcnlé do croire que Grotius, par la prande envie qu'il avait do clicrchcr de Unis eûtes de quoi appuyer son sentiment, est tombé sans y i)cnser dans une telle bévue (sic). » (^nliq. Jitd.,Ub. VI, wp. xiv). P. P. F.
(6) Ce passaf^c n'est pas rendu exactement par Grotius.' H signifie, comme il parait par les termes mêmes, et par la suite du discours : « On respecte les lois, à cause des souverains de l'aulorité desquels elles émanent. Celui donc qui outrage le souverain lui-même, fera, à plus forte raison, moins de difficulté de violer les lois. » (DarbmyRAC.)