‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 182 sur 294 · DEFENSE 'DE' SOI-MEME ET DES BIENS · texte numérisé non relu

DEFENSE 'DE' SOI-MEME ET DES BIENS

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I. Gc que Ion entend pat; causes juslifiGfitiveÇidp,!^ gueiiftf. —^ IL.EI.le», proviennent de la défense, ^^e 1^, ponrsviite de ce cmi ç,st à, nous^ pi\ ,dç ce qui nous est dû ; pu bien du (çliâUriient ,\, ît^.^H. J^a çiijerï'e^s^.peçf mise pour défendre sa, vie. — IV. Contre ,Vagrp*SC,ur s^jjjj— .y,^^Panç;un danger présent et certain, non dans un péril présumé.— yj.i|eq est flç même, pour la défense de ses roembri^s. — VIJ. Surtout pour la, défense de la pudeur. — VllI. Il est ivermis de'.ne, pas se défendre. .— IX. La défense est quelquefois, i|lidte,r9rs4u'ellQja^li^u.<^nlrÇ|, unepersonne qui est d'une grande^ uti|ité pour, l).Élat, pî^rceciqec'e^ contre ce qu'ordonne la charité. — X. Le meurtre, n'^esl pas tterfnis aux çljré-, tiens pour éviter un soufflet, ou quelque outrage senlLlable, «a pour n'avoir pas la honte de fuir. — XL Le meurtre n'est pasillicitc. d.apr«s le droit de nature, pour, la défense de ses biens. —XIJ.JDansuueJle mesure est-il perinis par la loi de Moïse? — JCliL Ést-iï permis ' et jus-

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qu a quel point par la loi evangeliqi^ef —X'*-, ^?.'9'„<î},y''P|<t"/ PP'".,'P4. le meurtre pour, se défendre^ donne-t-elle, le .dro'il.ae îue^.'pu seule-: ment l'impunité? Explication el distinction. — iv. 'Quand le combat. Singulier peul-il être l|cite ? — XVI. De la défense, dans une guerre

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nd le combat.

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publique. — XN1L Elle n'est' n'as permise dans là s'eule'yue de uiminuéc,

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la puissance d un voisin. — XVlII.ii le ne lest pas non plus a celui qui

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a donne lui-même un juste sujet de lui faire la.cuerre. . .

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1. — 1 . Arrivons aux causes des guerres : j'entends aux causes juslilicativesj car il y en 'a d'autres 'qui nolts y

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' « Elles se réduisent à trois en général;' sairôir ria'déferisé dC'cè quî nous appartient, la poursuite "de ce qui 'iibus égf^lil',' ct*iii'''piihUioh' des crimes. » Cette inldiiction libre de llarbevt'àd est jifiis liétinècé.'mals elle ne ripruduil piis le texte. P. P. F.

poussent par un motif d'intérêt, et qui ditlerent de celles qui nous y portent par un principe de justice. Polybe • [Hist., lib. III) distingue avec soin ces diverses causes les unes des autres, et les, sépare d'avec les coinmcnccmenls delà guerre (*)v tel 'qu'était le cerf* dans la guerre de Turnus et d'Énée. Mais bien que la diiïércnce entre ces cboses soit manifeste, on a cependant l'habitude de confondre les termes qui servent à les exprimer. Car ce que nous appelons causes- jitstificatives, Tite-Live les nomme des commencements, dans le discours des Hhodiens: « Certes vous êtes des Romains (**), puisque vous faites

' Ci'est au Iroisièine livre de son liistoirc, où il a|i[ielle causes (atTi'ai) les motifs d'utilité qui portent à entreprendre la guerre; et prétextes (Ttpo:j(àaei(;) les rnisons justificatives qu'on allègue. Ces deux choses là, dit-il, précèdent le commencement de la guerre (ap/r^), c'està-dire l'exécution actuelle du dessein qu'on a formé, ou les premiers actes d'hostilité. ^Uarrevrac).

(*) « Exordia pugnx, » a dit Virgile. Grotius.

2 Allusion au cerf blessé par Ascagne ; d'où niicjuit la guerre entre Tut-nùs et Ênée. Voir le chant vu de l'Éneide, v. 'i81 et suiv. V. P. F,

(**) Certainement il n'y a guère de nation qui ail été pendant si longtemps aussi scrupuleuse à examiner le sujet des guerres qu'elle entreprenait, l'olybe, dans un passage cité par Suidas, au mot Ijjiêai'vEiv, dit que « les Romains étaient fort soigneux de ne ])as attaquer les premiers leurs voisins, et de faire en sorte qu'on vil bien ([u'ils ne prenaient les armes que par la nécessité de| repousser les injures, n C'est ce que Dion montre dans la belle comparaison qu'il fait des Romains avec Phili|)pe de Macédoine et Antiochus (Voir les Ea^cerpto Peircscianrj). 11 va du même historien le passage suivant, dans les Excerpta leijationutn: « Les anciens n'avaient i;ien tant à cœur que de n'enlreiircndrc aucune guerre qui ne fût juste. » On trouve encore la même idée d.ms les Excerpta Petrescidna: « Les Romains s'attachent fort à n'entreprendre <pic des guerres »uste.s, et à ne rien décider à cet égard, sans cause et léinérairement (a). 1; ;, : il". ; 1 GnoTius.

(o) Le premier passaji^e so irmuve bleu duns Suidas, mais ce lexicographe uo dit point qu'il soit de Tulybe. La comparaison tics Iloniaiiis avec Philippe de Maccdoiae et AntiocliUs, est de Diodore de Sicile, aiissi l)ieii que le dernier passage cité dans celte; Jioto, quoique l'auteur les attril)ue l'un et l'autre à Dion Cassius. Je no trouve pas dans les Excerpln IcQationum le passaiiçc que Grotius. cite entre deux, comme étant du mi^nic Dion Cassios. . . (P.ARnr.YR.M..)

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profession de croirp que les guerips.que vousentreiprenpz ue sont heureuses que parce qu'elles sont justes,,; et puisque vous ne vous glorifiez pas tant de la victoire qui en est le résultat, que de leurs commcncemenls^ ou de ce (|ue vous ne les entreprenez pas sans sujet »i(lib.XLY). C'est dans le même sens qu'Elien les appelle ks principes des guerres, lib. XII, cap. lui ; et que Diodore de Sicile, parlant dans son livre XIV de la guerre des , Lacédémoniens contre les Éléens, les nomme dos prétextes (*].ei des principes. , • ..,..' .

2. Ces causes justificatives appartiennent proprement à notre sujet. Les paroles suivantes de Goriolan, dans Denys d'IIalycarnasse, s'y rapportent, a La première chose, ce me semble, à laquelle vous devez vous appliquer, c'est de faire on sorte que la cause de votre guerre soit honnête et juste» {\\b. VIII). Voici un, passage analogue de Dcmosthènes \ « De même qu'en matière d'édifices, de navires et d'autres constructions semblables, les pièces qui servent de bases doivent être extrêmement solides, de même il faut que dans les, actions qu'on entreprend, les causes et les fondements soient conformes à la . justice et à la vérité » (**) [Olynth. II). La pensée suivante de Dion Cassius ne se rapporte pas moins à ce qui vient d'être dit : « Il faut surtout avoir égard à la justice. Avec elle, nos efforts guerriers nous permettent d'avoir une bonne espérance; sans elle, il n'y a rien d'assuré, lors même que les débuts auraient répondu a nos désirs» (lib. XLl). Citons aussi ce mot de Cicéron : «Injustes sont , les guerres que l'on entreprend sans motif» [Dfi Hépubl., |

(*) Aixaiu)|xaTa, a dit Procope [Gotlhic, lib. III). Ajoutez ce qui sera (Jii jilus bas, dans ce livre, au commencement du chapitre xxii.

Grotius.

f *) C'est ainsi que Julien (a) s'est servi du mot uTroOÉaiç ^rat, II, Dclaudib. Constantii). ■ ■'■ . Grotius.

In) L'Emperi'iir Julien. (B.)

34G L£ DROIT DE LA GUERRE' JiTHK LA FAIX.

libl 'III)"'; aussi re|)roclie-t-il dans uri autre endroit à Crassus, d'avoir vouju traverser l'Eupliratc, sans avoir aucun sujet de guerre (*). ' >

• 3. Ces principes ne sont pas moins vrais pour les guerres publiques, que pour les guerres privées. D'où celle plainte de Sénèque: «Nous répi'inions les assassinats, le meurtre d'homme à homme ; mais les guerres, mais regorgement des nations, forfait couronné de gloire ! La cupidité, la cruauté, ne connaissent plus de frein. C'est par décrets du sénat, c'est au nom du peuple, (juc se consomment les mêmes horreurs, et l'on com'mandc aux citoyens en masse ce qu'on défend aux particulici'S' (**) » (Epist. XGv). Il est vrai ([ue les guerres entreprises par l'autorité publique ont certahis elVets de droit, comme les sentences : il en sera parlé plus bas. Mais elles ne sont pas moins criminelles, si elles sont entreprises sans sujet. Aussi, est-ce avec raison qu'Alexandre, s'il à porté

' « Je ne trouve point ces [larolcs iiarmi les fragments qu'on a recueillis des ouvrages perdus de cet illustre Romain ; j'y vois seulement une pensée a|)prochante, que saint Augustin nous a conservée,' tirée du même livre Ul de la Ripublùiwi : « Un Étal bien réglé n'entre|»rend de guerre que pour sa propre conservation, ou pour tenir les engagements où il est entré (De chital. Dcx, lili. XXII, cap. vi) (a). (Barbeyrac.)

(*) Appien dit que les iriburts défendirent au même Crassus, « de faire la guerre aux Parlhcs, de qui l'on n'avait reçu aucune offense.» Plularque raconte à propos du nicmc personnage, « que plusieurs étaient indignés de voir (ju'uu homme allât attaquer des gens de qui non: seulement on n'^avait reçu aucune injure, mais encore qui étaient p^p-, légés par leur alliance. Grotius. ^

(**^ Le même Sénèque [De trd, lib. II, cap. viii), dit : « La gloire prostituée à des actes qui, sous le règne des lois, sont des crimes... » Ajoutez les passages de Sénèque et deCyprien, qui seront cités ci-dessous, liv. III, chap. IV, g5, vers la fi I. Grotios. ' ''

. {a) La question de l'uiilité do la justice pour les Émis, est larRtmenl treitée dans rel admirable troisième livre de la République de Cicéron. Vuir la Iraduc-^ tion française par M. Villemain, édit. 1823, t. Il, p. 7 et suiv. Voir aussi certains fragiiienlb du saiiil Aunueliii, «étrf., p. ."iS et huiv, r. P. .F.

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