‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 188 sur 294 · LIVRE II, CHAPITRE I. "'! ^ ' Oi)i · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I. "'! ^ ' Oi)i

Uomicid. ; Covarruv., ibià., part, m, § 1 , n. 2; Sylv., in verbo nomicidium,3,quxsl. A). ' . .. »

VII. — Il n'y a presque pas de discussion sur. le point (le savoir si la même chose est permise pour la défense delà pudeur, puis([ue non-seulement l'opinion commune, mais encore la loi divine • égale la pudeur à la vie (*) (Sylv., in vcrho Ilomicidiurn, c. m, quxst. 4). Aussi le jurisconsulte Paul a-t-il dit que la pudeur est légitimement défendue par un tel acte [Reccpt. Sentent.^ lib. V, cap. XXIII, § 8) ^. Nous en avons un exemple dans ce tribun

' Voici la loi que Grolius a eu en vue, comme il parait par ses notes sur l'Ancien Testament : « Si quelqu'un ayant trouvé à la campagne une jeune lille liancce à quelque autre, l'a prise et a couché avec elle, il mourra seul. La Jeune (illc ne subira aucune peine, puisqu'elle n'a point commis de crime digne de mort; car il en est ici de même que quand ipichpi'un se jette sur son frère, et lui ôte la vie » {Deutéron. xxii, vers. 25, 2G). H faut avouer, dit Barhcyrac, qu'on ne peut pas directement conclure de l.i que la pudeur et la vie soient de même prix ; car le législateur veut dire seulement, qu'en pareil cas une fdle n'est pas plus coupable (|u'un liouune, qui est tué par des voleurs de grand chemin.

(*) « Immédiateini'nl après, dit Sénèquc {De lienef., \\h. I, cap. xi), viennent ces choses sans lesquelles la vie est à la vérité po.ssible, mais une vie pire que la mort : telles sont la liberté, la pudeur, la bonne conscience. » Suivant Paul (a) {Senlent., lib. V, tit. XXIIl), « on a jugé qu'on ne devait pas punir celui qui aurait tué un brigand voulant vous assassiner, ou commettre quelque attentat contre votre pudeur. C'est défendre sa vie ou sa pudeur par un acte qu'avoue l'intérêt public. » Augustin (/)ç liber, arbitr., lib. I) dit que « la loi permet soit au voyageur de tuer un brigand, pour ne pas être tué lui-même ; soit à tout homme, ou à toute femme, de mettre à mort, si c'est possible, celui ipii veut attenter violemment à leur pudeur, soit avant, soit après lailenlat. n Grotius.

'^ L'article 325 du Code pénal français dispose que le crime de castration, s'il a été immédiatement provoqué par un outrage violent à la jiudeur, sera considéré comme meurtre ou blessures excusables.

,u) Lu juriscorsiiltc l'aul. Voirie Manuale juiis synuplicuni du savant M. l'ellat, èclil. ÎSÔi, p. 847, § 8. P. 1'. F.

de Marins tué par un soldat, et que citent Gicéron (*) et Quintilicn. Il y a auSsi dans riiistoirc des exemples d'hommes qui ont été mis à mort par des femmes. Ghariclée, dans lléliodorc, appelle un semblable homicide « une défense légitime pour repousser l'injure faite à la chasteté. »

VIII. — Quant à ce (pic nous avons dit plus haut ', que bien (pi'il soit permis tle tuer celui (jui se prépare à nous donner lu inorl, celui-là agit d'une manière plus louable, qui préfère recevoir la mort à la donner, quelT (lues auteurs accordent ce i)rinci[)e, en faisant une réserve au prolit de la personne dont la vie sera utile à plusieurs autres '^ (Suto, iibi suprà; Sylv., in vcrbo Bclluin, p. 2, n. 5). Mais je considère comme peu sur de généraUser pour tous ceux à la vie des([uels d'autres portent intérêt, .cette règle si opposée à la patience. Aussi suis-je d'avis de la restreindre à ceux-là seulement (pii ont charge de la défense des autres, tels cpie seraient des individus engagés pour escorter les voyageurs, et les conducteurs de l'État, auxquels peuvent s'appliipier ces vers de Lucain : « Puisipic l'existence et le salut de tant de peuples dépendent de cette vie (**), et qu'un si vaste univers l'a pris

(*) Voyez Plutarque, Vie de Marius. On Jit aussi que Mars fut absous par le jugement des dieux, pour avoir lue celui qui avail voulu faire violence à sa fille. Apollodore, liibliolfiec, lilt. III. Ajoutez une histoire remarquable qui se trouve dans Gréf,'oirc de Tours, liv. IX. Grotius.

' Grotius ne l'a dit nulle |)art ci-dessus, au moins formellement et directement. On peut seulement l'inférer de ce qu'il insinue au cliap. ii du livre précédent,?; ix, n° 4, et chap. m, g m, n° 9. (IJABUtYRAC.) ,

2 C'est-à-dire qu'ils veulent ([u'en co cas-là il ne .soit pas libre de se laisser tuer; et «pic la |ialicncc, bien loin d'élro alors louable, est vicieuse selon eux, à cause du lort qu'on fait à ceux aux(iucls notre vie était utile. (bAnnEVBAc), ,;

(**) Quinte-Curcc, lib. IX : u Lors(iue tu te jettes avec autant d'ardeur au devant des dangers les plus manifestes, oubliant que tu exposes tant d'existences de citoyens (a). » Grotius.

(a) Il s'agit du discours de Cratère k Alexandre : « Crois-tu donc que l'eni-

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