‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 196 sur 294 · LIVRE II, CHAi'ITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAi'ITRE

douté non plus; voici ses paroles : « Comment peuventils être exempts de péchés devant la divine Providence, ceux qui, pour des choses qu'on doit mépriser, se souillent de sang humain ' ? » {De libero arhitrio, lib. I.) Il n'est pas étonnant qu'en celte matière, comme dans beaucoup

d'autres, la discipline sesoit relâchée avec le temps, et que peu à peu Inilerprétationde la loi évangélique ait commencé à se iaçojiner sur les mœurs du siècle (*). Autrefois, en ce (lui concernait les clercs, on avait coutume d'observer la rigueur de l'ancienne règle (Panorm., cap. H, Dehomicidiis; Lessius, dicto loco); mais enfin on leur a lait aussi remise de la censure à cet égard 2.

XIV. — Quelques-uns dcmanxlcnt si la loi, du moins la loi civile, lorsqu'en vertu du droit de vie et de mort qui lui appartient, elle])ermet dans quelque cas a un particulier de tuer un voleur, si cette loi a en même temps le pouvoir d'exempter de toute faute le meurtrier. Je suis d'avis que cela ne doit pas du tout être concédé. Car, d'abord, la loi n'a pas le droit de mort sur tous les citoyens pour n'importe quel délit, mais seulement pour ini crime tellement grave qu'il mérite la peine de mort. Or, l'opinion de Scot est très-vraisemblable, lorsqu'il soutient qu'il n'est permis de condamner quelqu'un à

qu'au droit rie rcsislance personnelle, mais sans en donner de raison satisfaisante : la véritable raison, c'est qu'un système de morale aussi rigoureux eût rendu son livre une théorie utopiquc, au lieu d'un code de lois praticable {libr. citai., t. III, p. 286 et 287). P. P. F.

Il ne s'agit point des biens dans ce passage. Saint Augustin parle uniquement de la défense de la vie ou de l'honneur. (Darbeyrac).

n Jérôme, dans la vie de Malchus, dit que « depuis que l'Église commença à avoir des magistrats chrétiens, elle devint plus riche et plus puissante, mais moins vertueuse. » Voyez Can. suscepimus, De homicid. volunt.; cl Can. de his, Distinct. 50. Grotius.

2 Grotius veut parler de la liberté qu'ont eueles ecclésiastiques, dansles derniers siècles, de faire la guerre et de commander les armées; "au lieu que, selon l'ancienne discipline, ils ne pouvaient pas même tuer quelqu'un en se défendant, sanscncourir les peines portées par les canons. (Barbeyrac.)

mort, que pour les délits que la loi donnée par Moïse, a punis de cette peine (*) ; on peut y ajouter seulement : ou, pour ceux qui leur sont égaux, à en juger d'une ma-, nière saine. Il semble, en ellet, que dans une affaire d'une telle gravité, on ne saurait mieux connaître la vo-. lonté de Dieu, seule capable de mettre la conscience en repos, que par cette loi, qui, certainement, n'a point établi la peine de mort contre le voleur. La loi, de plus, ne doit pas donner, et n'a pus l'habitude d'accorder aux l)art.iculiers le droit de mettre à mort même ceux qui ont mérité de mourir, à moins qu'il ne s'agisse de crimes tout à l'ait atroces. S'il en était autrement ce. serait en vain ([u'on aurait créé l'autorité des tribunaux. Ainsi donc, si ([uebpiet'ois la loi dit «[u'on peut tuer impunément un voleur, d laut considérer qu'elle supprime, l'application d'une peine, mais non (pi'elle accorde un droit.

XV. — 11 ressort (U; ce «[ue nous avons dit, (pi'il peut arriver de deux manières ([ue des particuliers se livrent à un combat singulier, sans commettre de faute : d'abord lorsque l'agresseur permet à celui ([u'il attaque de lutter, résolu ([u'il est de le mettre à mort sans combattre, s'il ne se défend pas • ; en second lieu, si le roi ou le magistrat mettent aux prises deux condamnés à mort; dans ce derjiier cas, il leur sera permis de s'emparer de cet espoir de salut. Mais celui (|ui aura donné cet ordre paraîtra s'être inq)arfaitement acquitté de son devoir,

(*) Voyez, contre les lois qui punissent de mort les paysans pour avoir ctiassc : Grégoire de Tours, lih. X, cap. x ; Jean de Sarisuéry, Poli- , crade, iil). I, cap. IV ; Pierre DE Bi.ois, £pi.î( cxxix. Grotius. ,

' Quelques inlerprèles de Grotius se ballent ici avec leur ombre, en [ le réfutant au lonj.', comme s'il voulait parler dos duels, proprement ainsi nommes; au lieu qu'il ne traite manifcslcmeul que... du caà auquel , on est attaqué sans qu'on l'ait prévu, et sans aucun rendez-vous.

(BJUIBETR^C.)

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