‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 199 sur 294 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

jamais nous ne sommes assurés d'une complète sécurité. C'est à la divine Providence, c'est à des précautigns inolfensives, et non à la force qu'il faut demander une pror lection contre les crauitesi incertaines '. ..'

XVIII. — 1. Je ne désapprouve pas moins ce qu'en-; seignentces auteurs, que la défense est juste de la part de ceux-là même (jui ont mérité qu'on leur fasse la guerre, attendu ([ue peu de personnes se contentent de borner la vengeance à l'étendue de l'injure reçue (Al- UERic. Geintil., lib. I, cap. xiii ; Gastr., lib. V, De Jus-

• a Si nous comparons, dit Whcaton, les doctrines de Grotius sur plusieurs <|ucstions importantes du droit des gens, avec les usages actuellement consacrés dans les relations internationales des Étais civilisés, nous trouvons des changements notables dans les principes reconnus depuis la publication de son grand ouvrage sur les lois de la guerre et de la paix. Nous avons déjà vu que le droit d'intervention pour maintenir l'équilibre des puissances était généralement reconnu par tous les États et par les publicistcs de l'Kuropc, dès la fin du xvii' siècle. Grotius, écrivant au commencement de ce siècle, parait nier entièrement le droit d'intervention pour maintenir cet équilibre, à moins qu'il ne fût lié à quelque autre juste motif de guerre; et il faut avouer que les occasions d'exercer ce droit n'ont été que fort rares. Le développement intérieur des ressources d'un pays par l'agriculture, l'industrie et le commerce,* et même par l'acquisition de colonies et possessions dans les autres parties du monde, n'a jamais été considéré comme un motif suffisant pour justifier une telle intervention. L'augmentation des richesses et de la population d'un pays, est sans doute le moyen le plus efficace d'augmenter sa puissance, mais cette augmentation se manifeste ordinairement trop graduellement pour former un juste sujet d'alarme pour les Étals voisins. Du reste la prétention d'empêcher la civilisation et la firospérité d'une nation quelconque par la force des armes, serait d'une injustice trop révoltante, pour être adoptée comme un princi|)e de droit international. Les interventions pour conserver l'équilibre des puissances ont été donc, en général, limitées à empêcher un souverain déjà puissant d'incorporer des provinces conquises dans son territoire, ou d'acquérir de nouveaux Étals par succession ou par le mariage, ou enfin d'exercer la dictature sur d'autrcs^États indépendants» (Histoire des progrès du droit des gens, 3' édit., 1853, t. Il, p. 405 et suiv. ; et t. I, première période, g 2, p. 110 et suiv.).

litid). Cette craiiilc d'une chose incertaine ne peut donner de droits à accomplir des actes de violence; ainsi le criminel n'a-t-il pas le droit de résister par la force aux agents de l'autorité qui veulent s'emparer de lui, sous le prétexte qu'il craint d'être puni au delà de ce que mérite son crime.

2. Mais celui qui s'est rendu coupable de quelque tort envers autrui, doit d'abord olîrir satisfaction, au dire d'un arbitre, à celui qu'il a lésé. Ce ne sera (ju'alors que ses armes seront pures. C'est ainsi qu'Ezécliias, après avoir violé l'alliance (pie ses ancêtres avaient contractée avec le roi d'Assyrie, se voyant attacpié, avoue sa faute, et laisse à la discrétion du roi la lixation de la réparation qu'il lui doit (II, Rcg., xviii, 7, I i et xix). Mais après avoir agi ainsi, et se voyant dans la suite in(iuiélé de nouveau par la guerre, tort de sa bonne conscience il soutint l'attaque de ses ennemis, et eut Dieu favorable. Le Samnite Pontius, après avoir fait les restitutions dues aux Romains, et leur avoir livré l'auteur de la guerre, leur dit : « Nous avons expié tout ce (|ue la violation de notre alliance avait amassé sur nous de colère de la part des dieux. Je sais parfaitement ([ue ces mêmes dieux, qui ont pris à cœur de nous réduire à la nécessité de faire restitution, n'ont point plaisir à voir (pie les Romains aient méprisé si rièrement la satisfaction offerte pour la violation du traité. » Bient('»t après il ajoute : « Que te dois-je de plus, (*) Romain? Que dois-je à l'alliance, que dois-jc aux dieux arbitres du traité? Qui ferai-jc juge de tes colères et de mes supplices? Je ne récuse j)ersonne, ni peuple, ni particulier ! » De mênfe ((uand les Thébains eurent offert toutes sortes de satisfactions équitables aux Lacédémoniens, ces derniers ne s'en éteint pas contentés, Aristide ' déclara ((ue la bonne cause

• Groliiis change ici les personnages, cl allril)iic aux Tlirbains ce que

Page 1