AVANT-PROPOS. V
miné, je n'ai guère. aveuti que des autres:. '.''Pour ce qui est de la subdivision des paragraphes,.!, jen'y. ai ew aucun égard.;. En quelque peu ! d'endroits, j'ai'traiis-' porté des noies dans le texte certaines choses qui^pou-^ vaient y entrer aisément;... mais le plus souvent /oi dté du texte, et mis dans les notes, des choses qui/ n'étant' pas nécessaires, interrompaient et faisaient presque perdre de vue la suitedii discours... Il a fallu' chercherbien des expédients pour 'dégager le texte de l'interruption et de la confusion qu'y causaient les passage.s qui ne pouvaient en ôtro tout à fait bannis. Timlôl je leur ai donné quelque ordre; tantôt je les > ai abrégés ; Xanlàl j'ai réduit à un sens conçu en peu de mois les pensées qui y étaient renfermées; tantôt, après avoir rapporté im ou deux passages 'des plus remarquables, j'ai indiqué seulement les no/»^ d'autres auteurs qui disaient' à peu près' la môme chose, et renvoyé leurs paroles mêmes dans les notes... J'ai cherché, 'au" reste, la brièveté, 'imaisi autant que la clarté s'y trouvait; et c'est pourquoi, i quand celle-ci l'a demandé, V'ai étendu les pensées' de i mon auteur, o\x rapporté plus au long certains passages.:.' J'ni examiné les notes de mon auteur à peu près avec autantde soin que le texte môme; et je me suis donné ici^ encore plus de liberté,' surtout pour ce qui est detranspo-' ser les citations.'^. etcKv'' '' .■ ^'-i --i iiiMfi'icnr ;")i'fiif;-, Suppléer' des transi tiqns, transposer' des pensées,transporter des' paragraphes entiers, change n l'ordre ■ des périodes, n'avertir le' ■ lecteur . que ' de ' certaines '■ transpositions, n'avoir "aucun égard' à la division * des paragraphes généralement reçue, transporter, des ( notes dans le texte, et, le plus souvent, ôter du; texte -
■ ii';îr-l,''! ; ! •>if.,jr[,j |(f;7r't ' Préface (lu Iraducleur (Édit. 1746). ' •' jCi r^.; • I ni'!rr;i-i-. ;■ ,'J
VI AVAJST-rROrOS.
pour mettre dans les notes, abréger ou réduire certains passages, n'indiquer parfois que les noms d'auteurs cités, étendre lés pensées de l'auteur original, et avouer qu'on s'est donné encore plus de liberté dans la transposition et l'abréviation des notes : voilà l'opinion de Barbeyrac sur, la mission de celui qui se charge de faire connaître aux hommes de son temps une œuvre considérable. Ce traducteup a réalisé son programme.
Avais-je raison de dire que Grotius est peu connu en France?
Barbeyi'ac a cependant rendu un grand service à la science. Sou travail critique est d'une valeur réelle. Il a vérifié avec une exactitude scrupuleuse les passages cités par Grotius; il les a recherchés dans les sourc^es mêmes, pour constater s'ils étaient bien allégués, ou convenablement appliqués. La difficulté était extrême. Grotius citait de bonne foi, mais trop souvent il citait mal ou mal à propos. Quelque surprenante que fût la mémoire de ce grand homme, il était impossible qu'elle ne lui fit pas parfois défaut ; or, comme tous les érudits de son siècle, Grotius citait généralement de mémoire. Ajoutez à cela qu'il avait consacré un temps relativement fort court à la composition de son ouvrage. Il y avait non-seulement une infinité de fautes dans les chiffres marquant le livre, le chapitre ou le vers des auteurs cités ; mais encore on trouvait quelquefois un ouvrage cité pour un autre fort différent du même, auteur, et qui plus est, un auteur pour un autre ; souvent même il fallait deviner l'auteur d'un passage grec ou latin, cité sans nom. Barbeyrac s'est livré à ce travail de révision et de confrontation, avec un succès auquel l'avait préparé la révision des citations de Pulfendorf. Il a comblé les lacunes, il a rétabli les autorités, et il a
AVANT-PROrOS. VII
permis ainsi au lecteur de remonter aux sources que Grotius avait interrogées. . ^, , ;
L'opportunité de donner une nouvelle édition du Droit de la Guerre et de la Paix de Grotius ayant été reconnu^! par quelques-uns des organes Iqs'plus ac? crédités de la science; et la, bienveillance de l'un des hommes dont les amis des sciences , morales et politiques conserveront toujours le souvenir, parce qu'il a été à la fois un éditeur plein d'intelligence, un homme dégoût, et même un auteur distingué', m'ayant confié le soin difficile de faire enfin connaître Grotius par une traduction exacte et- fidèle; je me suis mis à l'œuvre avec la conscience de la faiblesse de mes moyens et des obstacles de l'entreprise.
J'ai choisi le texte de l'édition de Gronovius, publiée à Amsterdam en 1712, parce qu'après l'avoir rapprochée des autres éditions, j'ai reconnu qu'elle était 1^ plus complète, la plus conforme dans toutes les parties de l'oeuvre à celles qui l'avaient précédée, et à celles qui l'ont suivie. ,(,,,. ■ ■,. . -
Pénétré de l'idée que le devoir du traducteur est dtfaire abstraction de lui-même, et de faire connaîtie l'auteur tel qu'il est, non tel qu'on aurait désiré qu'il fût, je me suis attaché à suivre de très-près 1^ texte ; préférant toujours l'exactitude à l'élégance du style, et ne craignant jamais de répéter un mot, lorsque ce mot se trouvait répété dans l'original. J'ai poussé même le scrupule jusqu'à sacrifier les exigences légitimes d.',ui^ style régulier, en me servant tantôt du m|0|,^ nou5, tantôt du mot je, suivant que Grotius faisait alternative^ ment, usage de ce « haïssable », pronom possessif.,, Lej
• M. Guillaumin. . .,.:;. ..:^.
VIII ÀvAM-riun-o?.
sentiment de ma resp'onsabilile ma porté enfm à' une grand irrévérence : j'ai osé, pour suivre « le protestant illustre, » dépouiller les Apôtres et les Pères' de l'Église de leur qualificatif de « saints. » C'est ainsi que j'ai dit incivilement : Paul, Augustin, Ambroise, au lieu de saint Arabroise, saint Augustin et saint Paul. J'en demande humblement pardon aux personnes pieuses qui croient que le qualificatif supprimé par moi, ajoute quelque chose à la grandeur de ces sublimes défenseurs de notre foi.
Lorsque le stylo tlo Grotius a résisté par sa concision au tour de la phrase française, je me suis elforcé de ne pas abandonner pour cela le texte; j'ai sacrifié volontairement les lois de ma langue maternelle ; et comme il fallait un commentaire, j'ai emprunté à Rarbeyrac sa paraphrase, que' j'ai rejetéc'dahs les notes. Souvent aussi j'ai expliqué, mais dans les annotations, les phrases trop concises par des périphrases dé Gro-i novius. ' ■ i,- . M :. -1 / !!■ ) " 1
Si j'ai suivi l'original tel qu'il est imprimé dans l'excellente édition de Gronovius, quant au texte luimême, quant aux notes marginales — que j'ai reproduites dans le corps de mon texte, entre parenthèses, — et'quantaux notes qui terminent les pages j les remarques relatives aux éditions diverses et aux variantes ne m'ont pas trouvé indifférent. Je les ai fidèlement recueillies et consignées dans' mes annotalions. . . I, . ■'■:''
J'ai traduit avec respect, et je le dirai même, avec amour pour cette grandiose antiquité classique, toutes les citations si abondamment multipliées par Grotius.' Barbeyrac les avait souvent modifiées ou étendues ; quelquefois aussi les avait-il rétablies suivant les textes
AVANT-rROPOS. IX
originaux. M. de Gourtin avait eu la faiblesse de les traduire en fort mauvais vers.' Je m'étais dit, 'à^ôétte occasion, VavecieMisanthrope'cle Molière,' que -"^inMl
:■! ;■■; ^'•■■' . ' 1 ■ 'VV 'i ; 'm ! .";:i- ' '■■ 'î^m Iffi, j'i mK ) ,,j tt J'en pourrais, par mîilheur, faire d'aussi méchants,.! I ,,;..; ..j-r » Mais je me garderais de les montrer aux gens. » ,., .
.,■■■■: ^ ' , • . ■ ■ • ' . , : ■ irrtil'tllIlM 'llli'HI!
" J'ai puisé largepient dans les notes de mes laborieux devancier?.' Gronovius, Gocceius, ' Barbeyrac, m'ont fourni plus d'une annotation utile; mais j'ai dû rejeter souvent des dissertations qui ne répondaient ' plus au goût do notre temps. Lorsque Barbeyrac, par exemple, 's'est longuement préoccupé d'analyser les" sentiments qui avaient porté David' à épargner les jours de' Saûl; je l'ai laissé dans la caverne, et'j'ai couru à mon au-' teur. Je crois'que le lecteur m'en'saura gré.'' nMiir.in.l Barbeyrac -a relevé beaucoup d'inexactitudes dans les citations et les renvois. J'ai profité de son travail' de révision ; mais ' j'ai voulu ' relever aussi ' ses ' propres inexactitudes,' et j'ai revu moi-même la 'plupart des cw tations. Je me suis servi pour ce. travail de nos éditions' et de nos traductions des classiques les plus 'récentes.' G'est' ainsi' que' j'ai consulté les' Lettres" familières' de Cicéron dans l'édition" de Goujon (de la Somme); le Denys d'Halycarnasse de E.Gros, édité par Brunot- Labbé ; la Morale et la Politiqae d'Aristote de Thurot,^ éditées par Firmin Didot; les Œuvres complètes de Pétrone, éditées eu 1862 par Garnier frères; \^s Œuvres complètes de Litcréce/éditées'par la même' librairie en 1 86 1 ; les Œuvres complètes de' Séiièque ^ le Philosophe, éditées par L. Hachette en 1860 ; 'lés Satiriques latins, publiés par le môme éditeur en M 864; le Salluste, édité par Garnier en 1860; l'excellente Edition de Tacite^ traduite par Burnouf; les Œuvres ' complètes de Quinte-